Un village de 260 habitants de l'Aveyron fait sauter la banque : il touche 14 millions d'euros par testament

Le testament faisant de Montézic le légataire universel de Bernard Milhau / © Luc Tazelmati - FTV
Le testament faisant de Montézic le légataire universel de Bernard Milhau / © Luc Tazelmati - FTV

A Montézic, on parle de lui comme d’un Saint. Bernard Milhau est décédé en novembre 2018 léguant au petit village du Sud Aveyron la totalité de ses avoirs financiers, mobiliers et immobiliers. Un legs estimé à 14 millions d’euros.
 

Par Eric Marlot

Le texte est rédigé à la main d'une écriture fine sur plusieurs feuillets blancs. Derrière sa banalité apparente, ce courrier pèse 14 millions d'euros :

Je lègue à la commune de Montézic, canton de Saint-Amans des Cots (12460) et à elle seule l’intégralité de mes avoirs bancaires et financiers et du solde du prix de vente de l’universalité des biens, meubles et immeubles qui composent ma succession.


Extrait du testament rédigé le 2 avril 2016 par Bernard Milhau

Le maire de Montézic a appris la nouvelle par un courrier reçu courant 2018 d'un notaire cannois. « Un courrier qui vaut de l’or » précise-t-il. C’est en effet un pactole estimé à 14 millions d’euros que Bernard Milhau lègue à la commune.

Décédé le 18 novembre 2018, à l’âge de 83 ans, Bernard Milhau avait fait fortune sur la Côte d’Azur et possédait plusieurs biens immobiliers à Cannes et à Levallois-Perret en région parisienne.
Sans héritier, il a légué sa fortune à la commune dans laquelle sont enterrés ses grands-parents et son père.
 
René Lavastrou, maire de Montézic découvre le testament de Bernard Milhau / © Luc Tazelmati - FTV
René Lavastrou, maire de Montézic découvre le testament de Bernard Milhau / © Luc Tazelmati - FTV


Un legs conditionné par trois obligations. Vendre les biens immobiliers dans un délai de trois ans, utiliser l’argent au service des habitants de la commune et fleurir la tombe de ses aïeuls pendant 20 ans.

A charge pour la commune de Montézic d’assurer l’entretien de la tombe familiale « Milhau-Bax-Sirvain » dans le petit cimetière communal (la deuxième tombe à gauche en rentrant) et de la fleurir une fois par an à la Toussaint, pendant une période de 20 ans, à compter de mon décès.

Extrait du testament rédigé le 2 avril 2016 par Bernard Milhau

Au village, où il venait de temps en temps, notamment à la Toussaint pour entretenir la tombe familiale, les habitants décrivent un homme discret, simple et généreux dont aucun n’aurait pourtant imaginé qu’il possède une telle fortune.

Je ne connaissais pas ce monsieur, je ne l’ai jamais croisé. Il venait et il repartait.

René Lavastrou, maire de Montézic

Informé du legs fin 2018, le maire de Montézic a gardé le secret pendant un an. Il n'a fait part de ce "magnifique don" à ses 260 administrés que lors de sa cérémonie des vœux, il y a quelques jours. « J’ai attendu le temps que la procédure de recherche d’héritiers soit bouclée. Quand j’ai été certain qu’il n’y avait aucun héritier naturel, j’ai officialisé le legs » explique-t-il.

C’est vrai qu’on était déjà une commune aisée avec 800.000 euros de budget annuel. Une richesse que l’on doit, notamment au barrage hydro-électrqiue. Pour autant, ce legs est bienvenu. Les caisses ne sont jamais trop pleines.

René Lavastrou, maire de Montézic

Cette manne inespéré n'a pourtant pas convaincu René Lavastrou de se représenter pour un nouveau mandat municipal.
 

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