Candidats pour les régionales en Occitanie : Carole Delga, Antoine Maurice en attendant les autres

Le Premier Ministre va bientôt trancher sur la date de prochain scrutin régional, certainement autour du 20 juin 2021. En Occitanie, plusieurs têtes de listes sont connues. En premier lieu Carole Delga, la présidente sortante. Mais qui seront ses adversaires ? Plusieurs noms commencent à se dégager.
Une fusion des listes de Carole Delga (PS) et Antoine Maurice (EELV) pour le second tour des élections régionales 2021 assurerait la victoire de la présidente sortante de la Région Occitanie, selon un sondage IFOP pour Europe 1 et La Tribune.
Une fusion des listes de Carole Delga (PS) et Antoine Maurice (EELV) pour le second tour des élections régionales 2021 assurerait la victoire de la présidente sortante de la Région Occitanie, selon un sondage IFOP pour Europe 1 et La Tribune. © MaxPPP
Jean-Louis Debré a remis son rapport le 13 novembre dernier. L'ancien président du Conseil constitutionnel avait pour mission d’étudier les conditions dans lesquelles les prochaines élections régionales et départementales pourraient se tenir. Il préconise la tenue du scrutin en juin 2021, si les conditions sanitaires évoluent favorablement. Après d'autres consultations, le Premier Ministre va trancher avant la fin de l'année.

Les candidats(es) connus (es)

Il ne faisait aucun doute que Carole Delga serait candidate à sa succession. Le 29 septembre dernier, elle l'a officialisé. Le Parti Socialiste n'aura donc pas à se creuser la tête. Reste à savoir quels seront ses alliés. Comme en 2015, EELV présentera un candidat au premier tour. Antoine Maurice succède à Gérard Onesta qui se retire après 2 mandats de conseiller régional. Les Verts se sont réunis en Assemblée Générale hier, dimanche 29 novembre. Les 13 têtes de listes pour les 13 départements d'Occitanie ne sont pas toutes connues en interne mais on sait déjà qu'Antoine Maurice est bien le candidat d'EELV pour ces régionales. Il mènera la liste en Haute-Garonne. Pour le Tarn, ce sera Guillaume Cros, dans le Gers peut-être Fatma Adda. Il y aura (presque !) parité homme/femme sur les 13 départements.

Lors de cette AG, les militants écologistes ont eu à se prononcer sur les alliances. Il n'y en aura pas avec la France Insoumise. La France Insoumise n'existait pas encore lors de ces élections en 2015 mais il n'y aura pas pour 2021 un "Nouveau Monde" bis réunissant les écologistes et l'extrême gauche. Pour le Parti Communiste rien n'est encore acté. Mais un rapprochement semble se dessiner avec le Parti Socialiste. "Pour le reste, nous avons réussi à rassembler la famille écologique autour d'un projet écologiste, " confie Antoine Maurice. Sur sa liste, on devrait retrouver Génération.s qui doit confirmer dans les prochains jours, même chose pour Place Publique dont les militants n'ont pas encore voté ou les régionalistes de Régions et Peuples Solidaires alliés de longue date d'EELV. C'est déjà acté pour Génération Ecologie, Cap 21, l'Alliance Ecologiste Indépendante ou encore le Parti Animaliste.

La liste sera finalisée fin janvier. Comme en 2015, une large part devrait être réservée à la société civile qui représentait 15% de la liste menée par Gérard Onesta. 
Sans surprise aussi, le parti écologique refuse toute alliance avec En Marche.

Quant à l'organisation de la campagne, comme en 2015 elle sera basée sur des éléments participatifs et collaboratifs. "Dès cette semaine, nous allons mettre en place une plateforme où tout le monde pourra contribuer. Ensuite nous allons constituer des Comités Ecologie Occitanie Pays Catalan dans les 13 départements. Ils serviront à élaborer les listes et le programme". Antoine Maurice  poursuit donc la méthode et le travail entrepris par Gérard Onesta.

Rien d'officiel mais ce sera certainement eux

Si l'on connaît les deux candidats des principales forces de la majorité actuelle en Occitanie, quid de la majorité présidentielle ?  Alors que le parti d'Emmanuel Macron a conclu des accords lors des dernières municipales avec le maire sortant de Toulouse Jean-Luc Moudenc ou encore celui de Balma Vincent Terrail-Novès, les tractations pour les régionales avaient du mal à déboucher sur quelque chose. Comme le Blog Politique de France 3 Occitanie le révèle, une candidature pour En Marche se dessine : celle de Vincent Terrail-Novès. 

Une information que n'a pas voulu confirmer le référent En Marche pour la Haute-Garonne Pierre Castéras. Officiellement, le parti se focalise sur la situation sanitaire et la crise économique. La commission nationale des investitures n'a pas fait de propositions ; le bureau exécutif n'a donc pas eu à trancher. Mais... "Vincent Terrail-Novès coche toutes les cases du candidat que nous recherchons. C'est un élu local dynamique, issu du territoire et d'une ville moyenne... C'est un élu républicain progressiste qui a la capacité de dépasser ses origines politiques." La maire de Balma termine son deuxième mandat à la région, il avait le soutien de LaRem pour les municipales.

Il fut un temps où le nom de Julien Denormandie circulait. Mais le Lotois qui détient le portefeuille du Ministère de l'Agriculture ne devrait pas y aller. "A ma connaissance, il n'a jamais dit qu'il voulait se présenter." Pierre Castéras précise aussi que "Tout le monde a vocation à pouvoir être candidat. Nous sommes ouverts mais nous souhaitons avoir un élu local d'Occitanie qui maîtrise les dossiers et qui possède des capacités de rassemblement."  Tous les signaux sont donc au vert pour Vincent Terrail-Novès.

En 2015, la liste du Rassemblement National menée par Louis Aliot était arrivée en tête au premier tour, frôlant les 32% des voix. Pour ce scrutin, rien d'officiel encore. Julien Sanchez semblait être le candidat presque naturel. Mais le maire de Beaucaire voit arriver un candidat qui pourrait bien rafler la mise : Jean-Paul Garraud. Le député européen RN, ancien soutien de François Fillon à la présidentielle est présenté par Marine Le Pen comme son futur Ministre de la Justice en cas d'accession à l'Elysée. 

Ancien numéro 2 de l’Ecole Nationale de la Magistrature, ex vice président du TGI de Paris, Jean-Paul Garraud bénéficie aussi d'une expérience politique : il avait délogé un certain Gilbert Mitterrand comme député de la Gironde en 2002. Il a très clairement les faveurs de la présidente du RN. Il représente l'aile dure de la droite républicaine, un terrain assez peu occupé pour ces élections régionales.


Incertitude chez Les Républicains

Du côté des Républicains, pas de candidat officiel pour l'instant. Pour les élections départementales qui auront lieu en même temps, une alliance avec En Marche se profile. Mais pour les régionales "Vu que c'est un scrutin proportionnel, la logique veut que chacun se compte", selon Pierre Esplugas, responsable LR pour la Haute-Garonne. "Donc il y aura bien un candidat et une liste à part Les Républicains pour les régionales. Tout sera décidé lors de la commission nationale d'investiture qui se tiendra début janvier. "

On parle beaucoup d'Aurélien Pradié qui a déjà siégé dans cette assemblée régionale d'Occitanie lors du mandat actuel avant de céder son siège en 2018. Mais en a t-il vraiment envie ? Le député du Lot avait promis sur l'Antenne de France Bleue Occitanie de se déterminer avant la fin du mois de septembre. Il ne l'a pas fait. Ce qui laisse présager pour certains qu'il ne mènera pas la liste LR. Selon Pierre Esplugas, "Sauf candidature de dernière minute, le seul prétendant plus ou moins déclaré c'est Arnaud Viala le député LR de l'Aveyron."
Le paysage politique des élections régionales en Occitanie se dessine peu à peu. Dès que les dates du scrutin seront connues, tout devrait s'accélérer pour connaître le nom de ceux qui mèneront les listes pour la région Occitanie.
 
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