Coronavirus : bureaux de poste fermés et droit de retrait des facteurs dans l'Hérault

Face au "manque de protection", des facteurs font jouer leur droit de retrait, soutenus par les syndicats de La Poste. C'est le cas notamment dans l'Hérault, où de nombreux bureaux de poste sont fermés faute de personnels. Conséquence, les bureaux ouverts sont débordés.

Montpellier - beaucoup d'attente à la poste Rondelet - 16 mars 2020.
Montpellier - beaucoup d'attente à la poste Rondelet - 16 mars 2020. © maxppp Guillaume Bonnefont

Des postiers et facteurs ont exercé leur droit de retrait partout en France et notamment à Montpellier, Perpignan et Toulouse. Ils dénoncent "un manque de protection élémentaire contre le Covid-19" dans le cadre de leur travail et du contact permanent avec la clientèle.
Cette colère a démarré mardi et monte un peu partout sur le territoire ce mercredi, même si les cas de droit de retrait restent limités.

Ils ont été enregistrés à Montpellier, Lunel, Vendargues, Malbosc ou encore Bédarieux.
 

Certains directeurs locaux tentent de s'y opposer", a affirmé un représentant SUD-PTT.


Ce serait le cas dans l'Hérault où la distribution du courrier est perturbée même si la direction de La Poste assure que 70% des tournées sont assurées.
La direction répond qu'il n'y a pas de "danger grave et imminent" et qu'il faut assurer le service public.
 

La direction conteste le droit de retrait mais un certain nombre de postiers ont cessé le travail via des certificats médicaux", selon Emeric Bazalgette, de la CGT activités postales et télécommunications de l'Hérault.


A Montpellier, plusieurs bureaux de poste sont fermés. Seuls 8 restent ouverts, dont la poste centrale Rondelet et il faut s'armer de patience dans la longue file d'attente avant d'accéder aux guichets.

16 bureaux seulement fonctionneraient au ralenti dans l'Hérault et 50 à 70 en Languedoc-Roussillon, selon nos confrères de France bleu Hérault.
Les bureaux ou guichets en zone rurale sont fortement touchés.

La plupart des employés et facteurs réclament des "mesures barrières" plus importantes comme des gants ou du gel pour tous les personnels en contact avec le public ou au tri du courrier et des colis.
 

On voit des dizaines de personnes chaque jour, on manipule des colis, des lettres, des stylos ou des tablettes qui ont été touchés sans précaution par plein de gens, des inconnus et rien n'est désinfecté... Il y a un risque important" explique un facteur.


Ils réclament aussi plus d'informations de la part du Groupe La Poste.
 

Nous n'avons pas d’information sur la durée de vie du virus sur les surfaces inertes. Pourtant une étude menée par les autorités sanitaires américaines démontre que le covid-19 pourrait survivre jusqu’à vingt-quatre heures sur des matières de type carton et papier, lettres et colis, manipulées par nombre d’opérateurs postaux pendant ce laps de temps.


Même tension à Perpignan et dans les Pyrénées-Orientales. Le droit de retrait serait de 4% selon la direction en Pays catalan.
 
Selon la direction nationale de La Poste, "1.600 bureaux de poste" étaient ouverts mardi sur 7.740, assurant "les opérations prioritaires: services bancaires prioritaires, retrait des instances, dépôts des envois...". Et "80% des factrices et des facteurs, soient environ 55.000", assuraient leurs tournées.
  

Droit de retrait à Nîmes pour des sous-traitants de Chronopost


Ils sont gérants d'entreprises sous-traitantes de Chronopost et sont solidaires de leurs salariés qui ont exercé leur droit de retrait. Ils dénoncent des conditions sanitaires risquées dans le dépôt de Nîmes où ils travaillent. Au total, 30 personnes ont refusé de trier puis de livrer les colis, ce sont des prestataires concurrents, appelés au pied levé, qui les ont remplacé.
 

Les chauffeurs ont peur pour eux et pour leur famille. Chronopost ne prend aucune mesure...


Ils réclament des mesures sanitaires et une information claire sur les risques liés au coronavirus dans leur travail.

Pour assurer la sécurité de tous, ces sous-traitants de Chronopost réclament aussi la diminution du flux de livraison et qu'un tri soit fait en fonction de l'urgence du besoin des colis, comme ceux destinés aux hôpitaux ou aux pharmacies.

En fin d''après-midi, les livreurs nous apprenaient la contamination de l'un de leur collègue au Covid-19. Nous n'avons pas réussi à joindre la direction du dépôt pour obtenir confirmation ou non de cette information.
 
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