Coronavirus : comment se décide la fermeture d’une classe ou d’une école lors d’un cas de Covid-19

Les fermetures de crèches, de classes, ou d’établissements scolaires se multiplient quelques jours seulement après la rentrée scolaire. Des cas de coronavirus avérés ont été signalés. Qui décide et sur quels critères de la fermeture d’un établissement ?
Une rentrée presque comme les autres a eu lieu dans les écoles de Toulouse ce mardi matin. Plusieurs cas de covid-19 ont été signalés avec pour conséquence la fermeture de classes.
Une rentrée presque comme les autres a eu lieu dans les écoles de Toulouse ce mardi matin. Plusieurs cas de covid-19 ont été signalés avec pour conséquence la fermeture de classes. © Delphine Gérard - France 3 Occitanie
En Aveyron, en Ariège, en Haute-Garonne, quelques jours seulement après la rentrée scolaire les fermetures de classes ou d’établissements scolaires se multiplient en raison de cas de Covid avérés. Des décisions qui sont souvent annoncées conjointement par les différentes autorités compétentes : la mairie dans le cas d’une école maternelle ainsi que l’académie et l’ARS (l’agence régionale de santé).
Mais qui décide de fermer et sur quels critères ? Les décisions sont prises en concertation et au cas par cas. Explications.

Dans l’Aveyron un cas confirmé de Covid-19 a été signalé à l’école Cambon de Rodez. Il s’agit d’un agent ayant travaillé uniquement le 1er septembre à la cantine et à l’entretien des locaux. Dans ce cas précis, il n’a pas été jugé nécessaire de placer les adultes ou les enfants en quatorzaine et l’école reste donc ouverte. "Les premières investigations réalisées sur la base des éléments transmis par la Mairie de Rodez montrent l’absence de contacts risques élevés auprès de cette personne", indique le communiqué commun de la ville, de la préfecture et de l’ARS. Par précaution et pour rassurer les familles, un test de dépistage est proposé à ceux qui le souhaitent.  

En revanche toujours dans l’Aveyron la préfecture vient de décider la fermeture totale d’une école primaire à Monteils à la suite du signalement d’un cas de Covid chez un élève. L’établissement restera fermé jusqu’au 17 septembre inclus.
 

Le maire n'est pas décisionnaire

Dans le cas de l’école de Léguevin en Haute Garonne le maire explique avoir appliqué le protocole. Il a donc informé l’inspection académique qui a alerté l’ARS. "C’est l’Agence Régionale de Santé en concertation avec l’académie qui décide de la fermeture ou pas", indique Etienne Cardeilhac-Pugens. L’école et la mairie se contentent de collecter les informations et de les transmettre : qui l’enfant a croisé ? A quel moment ?
"Moi je n’ai pas été décisionnaire, j’ai été facilitateur dit le maire de Léguevin".
 

Je fais confiance aux services de l’Etat, il faut éviter la propagation du virus donc j’ai acté.

Etienne Cardeilhac-Pugens, maire de Léguevin


A l’heure où nous écrivons ces lignes, le maire ne sait pas si les cas contacts identifiés vont devoir tous être testés. Il souhaite cependant que le personnel municipal de l’école concerné par ce cas de covid fasse un dépistage. Comme les élèves, les enseignants, ATSEM et animateurs ont déjà été placés en quatorzaine.
 

Le protocole en cas de Covid dans un établissement scolaire

Officiellement, sur le site du ministère de l’éducation nationale on indique qu’une "procédure particulière a été élaborée par le Ministère des solidarités et de la santé, et le Ministère de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports pour réagir sans délai et de manière proportionnée en cas d’apparition de cas confirmés de Covid- 19 parmi les élèves et les personnels (traçage des contacts, politique de test, mesure d’isolement voire de fermeture partielle ou totale d’une école ou d’un établissement si la situation le justifie)." Mais pas de précision sur les critères qui justifient une fermeture.

En revanche une liste de consignes à suivre en cas de cas confirmé dans une école a été établie. Voici les principales :

L'école peut fermer si le nombre de cas contacts est très important

En visite dans le Lot, le recteur de l'Académie de Toulouse indique que le protocole est clair et précis. "Quand il y a une alerte, l'enfant ou le personnel concerné est mis à l'écart et surtout on recherche les cas contacts", explique Mostafa Fourar. La décision de fermeture est ensuite prise par le préfet en accord avec tous les partenaires : l'ARS, le rectorat et la collectivité concernée (la Région pour les lycées, le Département pour les collèges et les mairies pour les écoles).
Ce qui justifie une fermeture d'école, selon le recteur, c'est quand le nombre d'élèves concernés est important ou quand il n'y a pas de potentiel de remplacement parce qu'un professeur est affecté.

Le recteur rappelle que dans un collège ou dans un lycée si un cas covid est avéré, les élèves qui portent le masque ne sont pas considérés comme cas contacts.
 

"Les familles en difficulté encore une fois"

La FCPE qui avait déjà dénoncé l'impréparation de la rentrée scolaire estime que les fermetures d'écoles montrent l'inefficacité des mesures mises en place. Pour Béatriz Malleville, présidente de la Fédération des Conseils de Parents d'Elèves en Occitanie, il faudrait organiser des récréations sur des temps différents et mettre en place plusieurs services de cantine pour éviter le brassage des élèves.
Elle souligne que la fermeture d'une classe du jour au lendemain met les familles en difficulté encore une fois. "Les parents doivent garder leurs enfants à la maison et se rendre disponible pour l'école à distance", dit Béatriz Malleville. "On attend que la situation s'aggrave pour envisager d'autres dispositifs", déplore-t-elle.
Le ministre de l'éducation nationale a indiqué ce vendredi matin que 22 écoles étaient fermées en France. Interrogé pour savoir si les parents seraient aidés pour la garde de leurs enfants en cas de fermetures massives, il a répondu qu'en cas de "phénomènes amples (de fermeture) dans le futur, on déclencherait un protocole permettant d'aider les familles". "Mon objectif c'est que les familles ne soient pas perturbées dans leur vie courante", a-t-il assuré.

 
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