Cour administrative d'appel de Toulouse : Philippe Saurel dénonce un «conflit d’intérêts et un cadeau politique»

Philippe Saurel remet en cause l’impartialité Nicole Belloubet / © MICHAEL ESDOURRUBAILH/MAXPPP
Philippe Saurel remet en cause l’impartialité Nicole Belloubet / © MICHAEL ESDOURRUBAILH/MAXPPP

Le maire DVG de Montpellier, Philippe Saurel, dénonce un «cadeau politique» offert par la garde des Sceaux Nicole Belloubet, suite à l’annonce mardi de l’attribution de la nouvelle Cour administrative d'appel à la ville de Toulouse.
 

Par Inès Pons-Teixeira

Le Conseil d'Etat a annoncé, mardi 19 novembre 2019, qu’une nouvelle Cour administrative d'appel serait implantée en Occitanie, à Toulouse, dans le but de décharger les cours administratives d'appel de Bordeaux et de Marseille.

La ville rose était en lice avec Montpellier

Une décision « totalement injuste » prise au détriment de Montpellier, selon Philippe Saurel, qui dénonce par communiqué de presse un « cadeau politique » de la part de Nicole Belloubet, garde des Sceaux et ancienne première adjointe au maire de Toulouse. Simple coïncidence ?
Impossible pour Philippe Saurel qui rappelle que l’actuel maire de Toulouse « sans étiquette », Jean-Luc Moudenc, a été récemment investi par LREM pour les prochaines municipales.
 


Une décision «totalement injuste» pour Philippe Saurel


Lors d'une conférence de presse, Philippe Saurel, également président de la métropole de Montpellier, a de son côté souligné qu'en 2016 le volume traité par Toulouse était de 6.000 affaires contre 10.000 pour Montpellier et Nîmes.
Jean-Luc Moudenc n'est pas en cause : « Il a défendu sa ville, j'ai défendu la mienne », a toutefois ajouté Philippe Saurel, concentrant ses attaques contre Nicole Belloubet qui est selon lui « quelque part en conflit d'intérêt »

De son côté, la députée LREM de l'Hérault, Coralie Dubost, a estimé que la décision d'attribution n'était « pas politique, mais bien technique et financière », dénonçant « la vacuité » du dossier montpelliérain.

Un choix que ne comprend pas le barreau des avocats de Montpellier. Son bâtonnier, Maître Rémy Lévy, confie à nos confrères du Midi Libre son incompréhension : « Le dossier était très bon. Le barreau de Montpellier avait beaucoup travaillé, avec les collectivités, la métroploe en particulier, pour le monter. Il s'agit d'une vraie déception ».
 

Une lettre recommandée adressée à la garde des Sceaux

Pour Philippe Saurel, maire de Montpellier, cela ne fait pas l’ombre d’un doute : « il y a conflit d’intérêts ». Souhaitant contester la décision, il a adressé une lettre recommandée à la ministre de la Justice du gouvernement Macron, Nicole Belloubet.

Aux yeux de l’élu montpelliérain, une telle décision ne peut pas être impartiale. Elle a lieu à seulement « quatre mois des élections municipales, à un moment où les investitures LREM sont données » et alors que l’annonce de l’implantation de la nouvelle Cour d’appel ne devait se faire qu’en juin.

Si les démarches de Philippe Saurel semblent avoir peu de chances d’aboutir, le maire de Montpellier assure qu’il ira « jusqu’au bout ».
 

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