Covid-19 : " Le sous variant BA.5 se propage très vite en Occitanie mais aussi partout dans le monde "

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Depuis le début de la pandémie, le professeur Jacques Izopet, chef du service virologie au CHU de Toulouse analyse avec ses équipes l'évolution du Covid-19. Il confirme que le sous variant BA.5 du variant omicron du Covid-19 est désormais prépondérant en Occitanie et se propage très vite. Entretien.

Entretien avec le professeur Jacques Izopet, chef du service de virologie au CHU de Toulouse, sur la hausse des contaminations au sous-variant BA.4 et BA.5 d’Omicron du Covid-19.

Est-ce que vous nous confirmez qu’une 7ème vague Covid-19 débute dans notre Région ?

Il est clair qu’il y a une recrudescence des infections. Elle ne va pas s’arrêter. Nous entamons une nouvelle vague de contaminations.

On était dans une phase plus faible ces dernières semaines, on est passé en phase de plateau, puis peu à peu, l’incidence a augmenté, ce qui est probablement lié à l’apparition d’un nouveau  sous-variant d’Omicron : le BA.5. Chez nous, c’est le BA.5 qui est désormais prépondérant et supplante le BA.2.

Est-ce que ces indicateurs vous inquiètent ?

En fait je pense qu’il faut être extrêmement vigilant, la période d’été approche. Il va y avoir de plus en plus de rassemblements, comme l’an passé. Avec la levée des mesures barrières, on risque de connaître une vague très importante.

Il faut revenir à des règles de bons sens et aux gestes barrière pour limiter cette circulation, sans revenir à des restrictions, mais le port du masque dans les transports ou quand il y a beaucoup de monde, doit être préconisé.

A l’échelle familiale, si les chiffres se confirment, il faut continuer à aérer régulièrement et à poursuivre les tests pour détecter les personnes infectées.

En testant, nous pouvons isoler et éviter la transmission. Cela peut ralentir cette recrudescence.

Quelles sont les caractéristiques du BA.5 ?

Il appartient à la lignée du variant Omicron, il est donc très contagieux même si la virulence semble moins forte que le variant Delta. Mais certaines études considèrent qu’il n’est pas dénué de pouvoir pathogène.

Pour des personnes fragiles ou avec des facteurs de risque, ce n’est pas anodin. C’est la raison pour laquelle le volet immunité est important.

Le variant Omicron était moins pathogène mais il est arrivé dans une population très immunisée, car très vaccinée. Or on le sait à présent, l’efficacité du vaccin diminue avec le temps, si bien que ce sous variant BA.5 se propage plus facilement.

Mais il ne faut pas oublier que même si les vaccins de première génération protègent moins bien contre sa transmission, la vaccination continue de protéger contre les formes graves.

On espère que cela va se poursuivre.

Où en est-on de la vaccination ?

Il y a des recommandations nationales pour la 4ème dose mais qui ne s’adressent qu’aux plus de 60 ans et aux plus fragiles.

Quant à la généralisation de cette 4ème dose, ce n’est pas à l’ordre du jour. Il faut d’abord voir comment va évoluer le sous variant BA.5 et suivre la disponibilité des vaccins « nouvelle génération » qui protégeront mieux contre la transmission du Covid-19.

Mais on n’a pas de visibilité sur l’arrivée de ces nouveaux vaccins, peut-être à la fin de l’année. Ils ne sont, pour l’instant, pas disponibles car ils sont en cours d’évaluation.

Faut-il s’inquiéter de l’arrivée d’une nouvelle vague dans le contexte actuel de crise chez les personnels soignants dans les hôpitaux ?

Je pense qu’on est extrêmement précautionneux car on traverse une période très difficile en termes d’effectifs.

C’est clair qu’une nouvelle vague épidémique serait compliquée à gérer pour nos hôpitaux. Il ne faut pas que le sous variant BA.5 provoque trop d'hospitalisations. 

On espère que le niveau d’immunisation résiduel de la population restera élevé et que les hospitalisations resteront limitées. Pour l’instant on n’a pas de répercussions drastiques sur l’état de gravité.

Je dirai que le vaccin, les tests et les gestes barrières sont les éléments qui nous ont permis de juguler les précédentes vagues. Il ne faut pas baisser notre vigilance. Le mois de juillet sera décisif et observé de près.

Ce que l’on sait c’est que l’arrivée du BA.5 au Portugal a été assez difficile mais on ne peut pas extrapoler à la France. 

En tout cas ce sous variant s’étend partout dans le monde, à très grande vitesse. Nous n’en sommes qu’au début en France.