Covid. Occitanie : certains restaurateurs font de la résistance au pass sanitaire

L'application du pass sanitaire imposé par le gouvernement a du mal à passer chez certains professionnels. C'est notamment le cas chez plusieurs cafetiers et restaurateurs de la région Occitanie qui s'y opposent de diverses manières... fermeture ou "zone libre".

On le savait, ce n'est pas une surprise, la mise en place du pass sanitaire et tout ce qu'elle implique a du mal à passer chez certains professionnels. Dans la restauration notamment, tout comme dans les cafés, certains ont même décidé de s'affranchir des règles.

A Perpignan, deux restaurateurs résistent. Ils ont purement et simplement fermé leurs établissements, incapables selon eux d'appliquer ces règles jugées liberticides.

"Je n'arrive pas à accepter la situation et je n'arrive pas à accepter de demander les papiers aux gens", explique David Tranchecoste. "C'est plus fort que moi, je n'y peux rien".

Je suis très en colère et je demande vraiment à ce gouvernement qu'il nous laisse les jauges libres au niveau des terrasses, qu'il nous laisse la liberté de servir les personnes quelles qu'elles soient. Et là, je serai prêt à accepter le pass sanitaire à l'intérieur.

David Tranchecoste, restaurateur à Perpignan

Bien sûr, ces cas sont très minoritaires dans le département des Pyrénées-Orientales où des milliers d'établissements du Roussillon sont ouverts cet été. Mais selon l'Umih 66 (l'Union des métiers et de l'industrie hôtelière), l'application du pass sanitaire entraîne déjà des pertes financières pour les professionnels de la filière. "Cela coûte cher en personnel", plaide Brice Sannac, le président de l'Umih 66, "ça coûte cher en ressources donc et ça fait fuir des clients. On nous coupe de notre clientèle, on perd entre 10 et 50% de recettes".

A Torreilles, dans cet autre établissement de la côte catalane, c'est le coeur lourd que Christophe Pouil a fermé les portes de sa paillote. Un de ses salariés est positif à la Covid, tous les autres sont donc cas contact et au chômage partiel. Seule solution : remplacer au pied levé toute l'équipe. Impossible en cette saison où les salariés sont déjà difficiles à trouver. Il a donc rendu sa marchandise aux fournisseurs qui acceptaient de la reprendre. Et donne désormais rendez-vous à ses clients... l'année prochaine.

Une "zone libre"

A Saint-Antonin-Nobleval, dans le Tarn-et-Garonne, par exemple, plusieurs établissements ont fait le choix d'apposer sur leurs devantures un sticker, lequel annonce qu'ici, en "zone libre", tout le monde est le bienvenu, pass sanitaire en poche ou pas. "Ici, on respecte votre liberté, votre dignité et le secret médical", peut-on encore y lire. Une dizaine de propriétaires serait concernée dans cette petite commune touristique.

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La filière doit rencontrer le gouvernement le 30 août prochain pour faire le point sur d'éventuelles aides financières.

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