Deux parlementaires LR du Gard et de l'Aveyron signent une tribune contre la légalisation du cannabis

Fin septembre, trois maires Les Républicains avaient appelé à la légalisation du cannabis. Ce dimanche, 80 parlementaires de leur camp, dont la sénatrice du Gard Vivette Lopez et le député de l'Aveyron Arnaud Viala, se disent fermement contre dans le Journal du Dimanche.
La légalisation du cannabis fait débat au sein de la famille des Républicains.
La légalisation du cannabis fait débat au sein de la famille des Républicains. © Photo d'illustration. Aurelien Morissard/PHOTOPQR/MAXPPP.
La semaine dernière, trois maires Les Républicains s'étaient publiquement affichés en faveur de la légalisation du cannabis dans le Journal du Dimanche : Gil Avérous (Châteauroux), Boris Ravignon (Charleville-Mézières) et Arnaud Robinet (Reims) estimaient que c'était le "meilleur moyen d’anéantir le trafic et de ruiner les trafiquants."

Ce dimanche 4 octobre, 80 parlementaires de leur camp leur ont répondu dans une tribune : tous défendent la position contraire. "Nous partageons les mots du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin : 'La drogue, c'est de la merde !'", écrivent-ils.

Parmi les signataires, on retrouve la sénatrice du Gard, Vivette Lopez, et le député de la 3ème circonscription de l'Aveyron, Arnaud Viala

La crainte de voir les consommateurs dériver vers d'autres drogues

Les parlementaires débutent leur tribune par un tacle à leurs collègues maires.

Ce n'est pas parce que les forces de l'ordre ont du mal à venir à bout du trafic qu'il faut légaliser la pratique ! Sinon, il faudrait aussi légaliser le trafic d'armes, la fraude fiscale, la prostitution et ne plus sanctionner les vitesses excessives au volant !

Les signataires affirment que la légalisation n'engendrerait pas la fin du trafic du cannabis, ni de drogue en général : ils sont convaincus que les vendeurs actuels seront naturellement amenés "à se tourner vers la vente d'autres substances encore plus dangereuses et nocives", comme la cocaïne et l'héroïne.

"Des familles détruites"

Parmi les autres arguments avancés dans la tribune, le risque psychosocial pour les consommateurs. "Nous voyons dans nos circonscriptions des parents accablés de voir leur enfant dépendant, et des familles détruites. Nous voyons des amitiés disparaître à cause de la consommation de drogue, des gens perdre leur emploi et des jeunes tomber dans la délinquance (...)", développent-ils.

Les parlementaires dressent une liste des "drames liés au cannabis". 

Psychose, schizophrénie, dépression, échec scolaire, déscolarisation...

L'usage médical du cannabis testé prochainement en France

La Direction générale de la santé et l'ANSM doivent engager fin 2020-début 2021 une expérimentation de l'usage médical du cannabis, qui devra durer deux ans. Les parlementaires LR ne se disent pas formellement contre mais défendent que cette expérience "ne doit pas être un prétexte à la légalisation de la consommation de 'joints'."
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