Féminicide de Rosine Roig à Ortaffa : Ramon Cortès et sa complice s'accusent à tour de rôle aux Assises à Montpellier

Deuxième jour du procès en appel aux Assises de l'Hérault pour Ramon Cortès. Il est accusé d'avoir tué sa femme Rosine Roig en 2013 à Ortaffa, près de Perpignan. Mais il invoque un nouveau scénario de défense qui le disculpe totalement et accuse du meurtre sa complice et maitresse de l'époque.
Palais de Justice de Montpellier - archives.
Palais de Justice de Montpellier - archives. © V. Luxey FTV
Ramon Cortès est arrivé ce mardi matin sous escorte policière au Palais de justice de Montpellier. Hier matin, en fuite, il ne s'était pas présenté devant la Cour d'Assises. Mais il a été arrêté vers 9h lundi à Villeneuve-lès-Avignon. Il est depuis de nouveau incarcéré. 
 
Pour ce deuxième jour de procès, la vérité a bien du mal à sortir. Que ce soit de la bouche de Ramon Cortès, l'ex-mari déjà condamné à 30 ans de réclusion criminelle pour avoir tué la mère de ses 3 enfants. Ou bien de celle de Sandrine Delporte, sa complice et maitresse au moment des faits en 2013.
 
Rosine Roig - assassinée en 2013 à Ortaffa dans les Pyrénées-Orientales - archives.
Rosine Roig - assassinée en 2013 à Ortaffa dans les Pyrénées-Orientales - archives. © DR

Qui a tiré sur Rosine Roig ? 

Qui a pris le pistolet automatique pour tirer sur Rosine Roig dans cette ancienne sablière à Ortaffa, à 20 minutes de Perpignan ?
Chacun des deux accusés se renvoie la responsabilité. Ce qui a le don d'agacer le président de la Cour d'Assises qui aimerait bien savoir :

Qui manipule qui ?

Le président de la cour d'Assises de l'Hérault. 

Entre Ortaffa et Brouilla (Pyrénées-Orientales) - la fosse creusée pour mettre le cadavre de l'ex-compagne du meurtrier présumé - 17 septembre 2013.
Entre Ortaffa et Brouilla (Pyrénées-Orientales) - la fosse creusée pour mettre le cadavre de l'ex-compagne du meurtrier présumé - 17 septembre 2013. © F3 LR

Une question à laquelle il est difficile de répondre à ce deuxième jour de procès. Mais selon un expert psychiatrique, "Ramon Cortès et Sandrine Delporte se sont associés afin d'assassiner Rosine Roig".
Pourtant, en 2013, Ramon Cortès a avoué aux gendarmes en déclarant le décès de Rosine :
 

J'ai fait une connerie, j'ai tué ma femme mais c'était pour moins souffrir

Ramon Cortès en 2013.


Depuis, il a toujours nié les faits reprochés.

Des mois d'enfer et de violence conjugale sur fond de jalousie

Rosine Roig, 43 ans, mère de 3 enfants, employée au Musée de Céret a été violentée par son mari pendant de longs mois. Elle a été harcelée, menacée et séquestrée à plusieurs reprises, par son compagnon avant de recevoir une balle de calibre 7,65 en pleine tête. Elle avait décidé de le quitter 3 mois plus tôt.

Cet après-midi, les dépositions des 3 enfants de la victime sont à charge, contre leur père. Les témoins et collègues de travail défilent à la barre pour répéter l'enfer que la victime a subi pendant les trois derniers mois de sa vie. La dernière déposition de Rosine Roig auprès des gendarmes, le 13 septembre 2013, soit 3 jours avant d'être assassinée, a été citée. La victime porte plainte et explique qu'elle a été poursuivie et menacée de mort par son compagnon.
 
Ramon Cortès a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle en première instance à Perpignan puis remis en liberté en janvier 2020 à cause des délais trop longs qui s'étaient écoulés entre sa première condamnation en octobre 2017 et son procès en appel, fixé initialement en avril 2020, avant la crise sanitaire. 

Sa compagne de l'époque, Sandrine Delporte, condamnée comme complice de ce terrible assassinat a écopé de 18 ans de réclusion criminelle en première instance.
 
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