Le 20e EPIDE de France, Etablissement pour l'insertion dans l'emploi, ouvrira à Alès dans le Gard

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Écrit par FD avec afp

En France, il y a 19 EPIDE, Etablissement pour l'insertion dans l'emploi, dont un seul en Occitanie, situé à Toulouse. Et un à Marseille. Celui d'Alès Agglomération dans le Gard sera donc le second dans notre région, il sera basé à La Grand-Combe et devrait ouvrir fin 2018, début 2019.

Depuis leur création en 2005, les Epide, ils sont 19 en France, ont formé plus de 30.000 jeunes. Celui de Toulouse a ouvert en 2017 et un nouvel EPIDE verra le jour fin 2018 ou début 2019, dans l'agglo d'Alès, dans le Gard.

Un 20e EPIDE à La Grand-Combe


Le centre EPIDE du Gard s’installera à La Grand-Combe dans l’agglomération d’Alès, dans les anciens locaux de l'AFPA. Ce dispositif d’insertion sociale et professionnelle offrira 150 places aux jeunes de 18 à 25 ans, peu ou pas qualifiés et sans emploi.

Très attendu dans le Gard, 4e département de France le plus touché par le chômage, ce centre annoncé en avril dernier, lors de l'ouverture de l'EPIDE de Toulouse, facilitera l’accès des jeunes de toute la région au dispositif EPIDE.

Le projet est porté par Alès Agglomération. Situé à proximité d’Alès, il sera relié par une navette mise à disposition par le syndicat mixte des transports de l’agglomération. Il sera dès lors accessible aux jeunes en difficultés des principales villes de la zone de compétence du centre. Outre les jeunes d’Alès, ceux de Nîmes, Montpellier, Mende et Narbonne y accéderont en 50 minutes à 2h20 au maximum.

Avec une surface totale de plus de 7.000 m², le site correspond aux exigences du projet pédagogique de l’EPIDE, qui inclut notamment de nombreuses activités sportives.

Les EPIDE en France


Les chiffres des Epide sont encourageant : 52% de sorties vers un emploi de 2 mois au moins, ou une formation qualifiante et 8% de sorties vers un emploi de 2 mois ou moins, ou formation pré-qualifiante.
Une insertion en hausse de 5,6% en 2016. Et une statistique qui réjouit: 18 mois plus tard, ils sont plus nombreux stabilisés dans l'emploi (62%) qu'à la sortie.

Les Epide, sous tutelle ministérielle Emploi/Cohésion des Territoires/Défense, ne sont pas nés en réaction aux émeutes des banlieues de 2005, mais quelques mois avant, en fait, rappelle souvent la direction. Mais l'accélérateur impulsée par François Hollande en 2015, passer de 3.500 à 4.500 formés par an, parut alors "une des réponses sociales pertinentes" à un contexte marqué par attentats et jihadisme, convient Nathalie Hanet, directrice générale.

Les Epide, discrets internats du "raccrochage"


Uniforme cool rouge et bleu, mais uniforme quand même, lever 6H00, ateliers scolaire, démarches administratives, recherche d'emploi... depuis 12 ans, les Epide recadrent en douceur les gros "décrocheurs" et revendiquent sans bruit des succès croissants à l'insertion.

Au début, à "l'Etablissement pour l'insertion dans l'emploi", c'est le réveil à 6H00 qui pique le plus. Le lit au carré, l'heure fixe pour manger (pas d'obligation, mais sinon on saute le repas...), la ponctualité aux rassemblements toutes les deux heures, la journée sans temps mort jusque 16H30, heure d'un quartier libre -smartphone compris-, avant extinction des feux à 22H00. Du lundi au vendredi.

"Des règles, une structure, quelque chose qui ne faisait plus partie de moi...", médite Cheryl-Ann, 18 ans dont "un peu plus d'un an dans la rue", et une "légère chute dans la drogue". Et qui s'apprête à quitter l'Epide de Bordeaux après 6 mois, expliquant avec une fierté encore timide qu'elle vient d'obtenir un CDI-Smic dans une société de livraison. Et "son" appart à elle.

Décrochage scolaire, 91% ont au mieux le brevet des collèges, logement précaire ou absent, santé négligée (les dents, la vue, surtout), carence familiale: le coeur du public de l'Epide sont au sortir de l'adolescence déjà des gueules cassées.
En manque criant d'un "savoir-être", qui les vouerait à rester loin de l'emploi, explique Laurence Ducos, responsable Formation professionnelle et Insertion à l'Epide Bordeaux (150 places).

C'est ce "savoir-être" que distillent au fil des semaines --le séjour moyen est 8 mois-- les encadrants (à 20% environ d'ex-militaires), les "cadres" comme disent les jeunes qui leur donnent du "Monsieur" --qu'on leur rend. Et oui, on peut blaguer avec son cadre quand on le croise. Mais on l'appelle Monsieur. Une étrange alchimie de rigueur et de bienveillance.

Le "pari" personnel de la rigueur


A l'Epide, on n'aboie pas forcément si le pas militaire est un peu gauche, voire carrément pagaille au début, ou si la Marseillaise s'enroue, à la cérémonie du lever des couleurs et des félicitations publiques, le vendredi à l'aube. "On ne prépare pas un défilé, on leur fait comprendre qu'une posture, ça les aidera".
Et si on fignole son lit au carré, ce n'est pas pour faire joli, c'est pour "ce souci du détail qui fera la différence, un jour, ailleurs, entre votre candidature et une autre", explique un moniteur penché sur un coin de lit.

"Une règle sans sens pédagogique, ça ne fonctionne pas", insiste Mme Ducos. Ne fonctionne pas davantage la rigueur sans disposition à s'y soumettre. Ces jeunes sont "volontaires", signent un contrat à l'arrivée,  souvent parce qu'ils n'ont "plus grand chose à perdre". C'est ce "pari"-là qui les fait adhérer. Et, de plus en plus, le bouche à oreille (à 40%) qui les amène à l'Epide, un chiffre important pour la direction.

Invariablement les "volontaires" confient à l'AFP à quel point les premières semaines "ont été dures", "m'ont énervé", etc.
Invariablement, ils expliquent aussi qu'"avec le recul, ça fait du bien". "Fier, fier de moi" est le mot qui revient sans cesse; pour Kamal, qui vient d'obtenir un CDI d'agent de sécurité, Dimitri, reçu au code (l'Epide assure des cours), ou Quentin, entre deux portes car il a "un entretien d'embauche +dehors+".