Coronavirus Bessèges (Gard) : inquiétude d’un gérant d’auto-école

Victime des conséquences économiques de la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid 19, plus de la moitié des auto-écoles pourrait fermer en France. A Bessèges dans le Gard, à une trentaine de kilomètres au nord d'Alès, un gérant indépendant nous explique pourquoi il est inquiet pour l'avenir.
 

Benjamin Panis, gérant d’auto école à Bessèges (Gard)
Benjamin Panis, gérant d’auto école à Bessèges (Gard)
Benjamin Panis est installé à Bessèges depuis huit ans. Il travaille seul et fait passer en moyenne une centaine de permis de conduire par an. Il est aussi délégué départemental de l’UNIC, l’Union Nationale des Indépendants de la Conduite, l’un des deux principaux syndicats.
Ce gérant d’auto-école a fait ses comptes. Chaque mois, ses dépenses représentent 3.400€. Et depuis le début du confinement lié à la crise sanitaire du coronavirus, son activité est au point mort. Il n’a eu aucune entrée d’argent et ne s’est pas versé de salaire. Seules aides perçues : 1.500€ de l’Etat pour les pertes de mars et 1.250€ de l’URSSAF.
 

Annuler les charges et non les reporter

Comme beaucoup de ses collègues, Benjamin Paris  demande une annulation et non un report des charges :

C’est repousser le mal, explique-t-il. Ma cotisation au RSI (la Sécurité Sociale des Indépendants) a été suspendue pour mars et avril, mais il me faudra payer le double en juillet et août. Idem pour la location de mon véhicule de conduite et pour celle de mon local, 250 € par mois pour moi, mais 900€ pour un collègue de Caissargues près de Nîmes. A la reprise, nous ne doublerons pas notre activité. Le retard sera impossible à rattraper.

Un fort risque de faillite

Selon les syndicats du secteur, 60% des 13.000 auto-écoles du pays seraient en difficultés avec un fort risque de faillite. 45.000 salariés sont concernés. Dans le Gard, 140 structures emploient un peu plus de 400 personnes.

Pour autant, Benjamin Panis ne souhaite pas une reprise trop tôt même si aucune date n’a encore été fixée par l’Etat. 

Le 11 mai, ce serait prématuré car toutes les conditions de sécurité sanitaire ne seront pas remplies. Mieux vaut attendre pour reprendre une activité à 100% ou presque. Sinon, ce ne sera pas viable économiquement. Il faudra impérativement, affirme le gérant, des masques FFP2 pour les moniteurs et des masques chirurgicaux pour les élèves. Seulement, cela me reviendrait à 350€ par mois. Aujourd’hui, nous n’avons même pas la possibilité d’en acheter. Et si j’ajoute le coût du gel et des produits désinfectants pour la voiture, cela représenterait 500€ mensuels supplémentaires’’.

Respecter la distanciation sociale dans l’habitacle 

Autre mesure compliquée à mettre en place pour le délégué départemental de l’UNIC : la distanciation sociale.

Comment séparer le moniteur de l’élève ? Une paroi rigide pourrait être dangereuse en cas d’accident. Une paroi souple risque de se détacher. Et comment permettre alors au moniteur d’intervenir sur le volant ?

Enfin, reste la question de la responsabilité du chef d’entreprise en cas de transmission du virus à ses salariés ou aux élèves.

Les malades ou leurs familles pourraient se retourner contre nous. En redémarrant trop vite, nous pourrions devenir des assassins en puissance, s’inquiète Benjamin Panis.


En attendant, les organisations professionnelles et syndicales restent en contact quasi permanent avec la Délégation à la Sécurité Routière, une branche du Ministère de l’Intérieur. Et elles attendent des éclaircissements sur l’avenir de leur filière.

 
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