Déception et vigilance après la visite de Gérald Darmanin dans le Gard

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Écrit par Armelle Goyon
Gérald Darmanin à son arrivée à Alès, accueilli à gauche par Christophe Rivenq, premier adjoint de la ville et président de l'agglo, et à droite par Didier Lauga, préfet du Gard
Gérald Darmanin à son arrivée à Alès, accueilli à gauche par Christophe Rivenq, premier adjoint de la ville et président de l'agglo, et à droite par Didier Lauga, préfet du Gard © O.Brachard FTV

 Le ministre de l’Intérieur, dans le cadre du Beauvau de la sécurité, a fait étape dans le Gard ce lundi. Gérald Darmanin a passé plusieurs heures avec les forces de police à Alès puis à Nîmes. Il a annoncé des renforts des effectifs de police, jugés "insuffisants" par les hommes de terrain.

Ce lundi 1er mars, le ministre de l'Intérieur s'est déplacé dans le Gard, où il a rencontré les policiers d'Alès et de Nîmes ainsi que Jean-Paul Fournier, maire de la capitale gardoise. Gérald Darmanin a annoncé un renfort de 14 policiers :  dix le 1er avril et quatre en septembre doivent arriver à Nîmes. 

Dans un communiqué, le maire de Nîmes précise sa statisfaction:  "le ministre a été sensible à la situation nîmoise et s’est engagé à étudier la signature d’un Contrat de Sécurité intégré avant l’été. Ce dernier permettrait de bénéficier à terme, en plus des 14 policiers nationaux à temps plein annoncé ce lundi 1er mars, d’effectifs supplémentaires, symbole d’un sensible renforcement des liens entre la police municipale et la police nationale."

Gérald Darmanin s’est engagé à venir signer ce contrat avant l’été. Son discours a été plutôt rassurant mais je resterai vigilant quant aux engagements qui pourraient être pris. 

Jean-Paul Fournier, maire de Nîmes


 " Même si l’éradication des actes criminels liés au trafic de drogue va être longue, l’engagement pris est un point d’étape important dans la lutte pour l’amélioration de la sécurité des Nîmois, " poursuit l'édile. 

La ville de Nîmes réclame bien plus que les 14 effectifs prévus. Son maire demande entre autres "50 agents supplémentaires pour la ville qui compte 155 000 habitants dont quatre quartiers prioritaires rassemblant plus de 35 000 personnes, un partenariat police municipale- police nationale renforcé, la création d'un poste supplémentaire commun dans le quartier Pissevin..."

Du côté des syndicats 

" C'est une goutte d'eau ! " affirme d'emblée Franck Groult, délégué départemental du syndicat de police Alliance pour le Gard, suite aux annonces de son ministre de tutelle. "Sur les quatorze policiers qui viendront en renfort  en avril à Nîmes, 6 seront affectés à une brigade en VTT dans les quartiers et 4 autres sur la surveillance de la voie publique". 

Quatorze policiers, avec tout ce qu'il se passe à Nîmes ? il en faudrait 50 !

Franck Groult, délégué départemental du syndicat de police Alliance pour le Gard

Même déception du côté du matériel nécessaire attendu : " Nous avions jusqu' à maintenant un casque pour deux et des jambières pour deux également. Les hommes vont enfin avoir une paire de jambière par personne. Mais nous manquons cruellement de batôns de protection, de recharges de lacrymogène, " détaille Franck Groult, " Nous allons avoir deux voitures éléctriques alors qu'il faudrait une flotte supplémentaire d'une dizaine de véhicules, pour l 'instant nous sommes obligés d'attendre le retour d'une voiture pour que l'équipe suivante puissent partir à son tour ..." 

Nous n'avons toujours pas de fourgon blindé pour intervenir dans les quartiers, toujours pas de protection pour les collègues qui vont au contacts dans les cités.

Franck Groult, délégué départemental du syndicat de police Alliance pour le Gard


Même déception pour Sandy Issartel, déléguée départementale pour le syndicat Unité SGP Police. 

Il n'y a rien de nouveau ! Les quatorze arrivées à Nîmes, nous le savions depuis des mois. A Alès et Bagnols-sur-Cèze, les effectifs se perdent d'années en années et aucun renfort d'hommes n'est prévu...

Sandy Issartel, déléguée départementale pour le syndicat Unité SGP Police. 

La syndicaliste déplore également le manque de véhicules et de matériel. " Nous manquons de lampes, de radios, de caméras piétons, de tablettes ..et bien sûr de véhicules. Ceux que l'on vient de nous attribuer ne sont pas des ajouts à la flotte, juste des remplacements nécessaires ," conclut Sandy Issartel. 

Devant le commissariat d'Alès, les plantes vertes, ornements , décorations et embellissements installés la veille de la visite du minsistre ont été démontés ce matin. 

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