Depuis l'effondrement du pont de Chamborigaud le 18 mars, ce village du Gard n'est plus accessible par le nord de la route départementale. Un passage à gué pourrait être construit en trois semaines. D'ici là, les commerçants n'auront que très peu de clients.
Riflette est "monté" à Chamborigaud, ce mercredi midi, "déposer deux trois bricoles au restaurant". "Ça fait peur", témoigne celui qui a donné son surnom à son établissement.
"Pas une voiture ne passe" désormais dans cette commune du Gard. Le pont au-dessus du Luech, soutien de la route départementale 906, s'est effondré lundi 18 mars. Et avec lui, toute perspective de rentrée d'argent pour les commerçants locaux.
Le village est toujours accessible depuis la ville d'Alès, mais il est coupé de toute sa région nord. "Vous avez mon restaurant, 200 mètres, puis plus rien", illustre Riflette, qui hésite encore à ouvrir ce week-end. "Si c'est pour faire 10 couverts...", sous-entend le Gardois qui en fait habituellement 90 en trois jours pendant la période hivernale.
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Projet de passage à gué
"La mort économique du village" est aussi la préoccupation de son maire, Emile Corbier. L'élu s'est entretenu avec la présidente du département et le sous-préfet "en urgence" ce mercredi midi.
La destruction du pont a été actée lors de cette réunion. Sa reconstruction aussi, mais le chantier durera probablement plusieurs années. En attendant, un projet de passerelle provisoire devrait voir le jour à l'endroit de l'ancien ouvrage. Le principe ? Un passage à gué au niveau du Luech, construit sur des buses pour faire s'écouler l'eau.
Pour ce faire, l'accord des propriétaires des deux terrains bordant les berges est nécessaire. Ainsi que l'aval de la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM), qui devrait être accélérée par la préfecture, selon Emile Corbier. "C'est nécessaire" pour l'élu, "sinon, le village va crever".
Au moins trois semaines sans pont
Une fois ces conditions réunies, la maître d'œuvre commencera immédiatement les travaux, assure encore le maire du village. Mais le passage à gué ne devrait pas voir le jour avant au moins trois semaines.
"Trois semaines c'est énorme, vous vous rendez compte", réagit encore Riflette, qui précise avoir des charges et "deux employés à payer".
Ce matin, le restaurateur a déjà fait marcher son assurance pour toucher un dédommagement en cas de "pertes d'exploitation". Le temps de réfléchir au futur de son établissement : "On verra bien si on va vivre ou mourir".