Ce que l'on sait de l'assassinat du couple de retraités à Saint-Gilles dans le Gard

Deux jours après la découverte des corps d'un couple de retraités à Saint-Gilles dans le Gard, le principal suspect, un membre de la famille par alliance, a avoué les crimes. Il a été mis en examen pour assassinat et placé en détention provisoire. Le mobile reste encore flou.

L'entrée du hangar où le couple de retraités a été retrouvé mort lundi 17 mai 2021
L'entrée du hangar où le couple de retraités a été retrouvé mort lundi 17 mai 2021 © Joane Mériot / FTV

En moins de 48 heures, les hommes de la section de recherche de la gendarmerie de Nîmes ont bouclé l'enquête sur la mort d'un couple de retraités, retrouvé dans une voiture fermée et dans un hangar cadenassé du domaine Saint-Antoine, un vaste domaine viticole à Saint-Gilles dans le Gard. "C'est une enquête qui s'est révélée extrêmement rythmée, " explique le colonel Bertrand Michel, commandant de la section de recherches de la gendarmerie de Nîmes. "A chaque heure nous avons récupéré des informations supplémentaires qui nous ont permis d'avancer jusqu'au dénouement."

Trahi par un cadenas

Le drame s'est joué au sein du mas viticole Saint-Antoine où vivent une dizaine de personnes, dont les victimes et le principal suspect. Les gendarmes de la brigade de Saint-Gilles ont d'abord été prévenus par un proche du couple de sa disparition. Vers midi, le mardi 18 mai, ils ont retrouvé les corps dans un hangar fermé par un cadenas. Le couple était dans une voiture, elle aussi verouillée, le mari, 73 ans dans l'habitacle, son épouse de 69 ans dans le coffre.

Une soixante de gendarmes a été rapidement mobilisée. Dès les premières constatations, au vu de la violence des coups portés, l'hypothèse d'un double meurtre a été envisagée. Selon les techniciens de la gendarmerie, les corps ont été transportés, mis dans la voiture, qui a ensuite été déplacée jusqu'au hangar. C'est le cadenas qui le fermait qui a permis aux gendarmes de remonter jusqu'au suspect.

Le colonel Bertrand Michel, commandant de la section de recherche de la gendarmerie de Nîmes, Yann Burnichon, substitut du procureur de Nîmes et le colonel Laurent Haas commandant de la gendarmerie du Gard, le 20 mai 2021.
Le colonel Bertrand Michel, commandant de la section de recherche de la gendarmerie de Nîmes, Yann Burnichon, substitut du procureur de Nîmes et le colonel Laurent Haas commandant de la gendarmerie du Gard, le 20 mai 2021. © Christelle Nicolas / FTV

Un membre de la famille

En retrouvant le magasin où le cadenas avait été acheté la veille de la découverte des corps, les militaires ont pu identifier un homme en train de l'acheter. Puis, par l'intermédiaire de la vidéo surveillance, ils l'ont vu jeter un sac dans une benne à ordures. Ce sac, rapidement retrouvé, contenait la tenue que l'homme portait lors du crime. Grâce au système de vidéo protection privé du Mas Saint Antoine, les militaires ont recueilli des éléments visuels et sonores qui attestaient une dispute entre les protagonistes du drame. Des éléments qui leur ont aussi permis de découvrir les lieux du crime, situé à proximité du hangar où les corps étaient cachés, et d'y trouver de nouvelles informations.

Auditionné le jour même, avec deux autres personnes soupçonnées dans un premier temps de complicité, le principal suspect a été placé en garde-à-vue et a avoué le double crime. Il s'agit d'un membre de la famille des victimes, agé de 53 ans, inséré socialement et inconnu de la Justice jusqu'alors. Ses aveux corroborent les éléments de preuve trouvés lors de l'enquête et les complètent. Les deux autres personnes ont été libérées et aucune charge n'est retenue contre elles.

Il n'y a plus de zones d'ombre quant au déroulement des faits.

Colonel Bertrand Michel, commandant de la section de recherche de la gendarmerie du Gard

Retrouvez dans ce reportage de France 3 Pays Gardois le résumé de l'enquête de gendarmerie.

Un conflit de voisinage

Si l'enquête des gendarmes a été rondement menée, et les faits établis, le mobile reste flou."Il n'y a pas d'explication rationnelle à ces deux crimes," explique le colonel Michel, "il y a eu une dispute, une de plus, mais on ne comprend pas encore comment un conflit de voisinage, qui dure depuis longtemps certes, peut basculer à ce point".

L'enquête se poursuit pour essayer de déterminer le mobile et l'élément déclencheur de la violence. Le contexte est celui d'un conflit familial et de voisinage exacerbé entre les protagonistes du drame, avec des plaintes déposées à la gendarmerie de Saint-Gilles. L'arme du crime, un gourdin, a été retrouvée. Le parquet de Nîmes a ouvert une information judiciaire et saisi un juge d'instruction. Après ses aveux, le suspect a été mis en examen pour assassinat et placé en détention provisoire. 

Préméditation retenue

Le parquet de Nîmes a retenu la préméditation du suspect. Selon les premiers éléments de l'enquête de gendarmerie, il y a d'abord eu une altercation verbale, suivie par une altercation physique. Et c'est ensuite que des coups plus forts ont été portés.

Les deux crimes ont été successifs et il y a eu un certain temps entre les deux [...] Le suspect a été mis en examen pour assassinat.

Yann Burnichon, substitut du procureur de Nîmes

Le substitut du procureur a refusé de préciser davantage le déroulement des faits afin de ne pas perturber l'instruction judiciaire en cours. 

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