Gard : pas de public dans les arènes, la course camarguaise rebondit en live sur internet durant le confinement

Grande première ce dimanche de Pâques dans le monde de la bouvine. Au Grau-du-Roi, dans le Gard, une course camarguaise a eu lieu à huis clos tout en étant retransmise, en direct, sur internet et les réseaux sociaux. Pour le plus grand bonheur des aficionados... confinés !

La piste des arènes du Grau-du-Roi (Gard) et les gradins vides - 2021.
La piste des arènes du Grau-du-Roi (Gard) et les gradins vides - 2021. © F3 LR

C'est depuis leur salon que Vincent et sa famille assistent à la première course camarguaise de la saison… version 2.0. La bouvine et les raseteurs ont repris le chemin des arènes mais confinement oblige, le spectacle est à huis clos.

Cette année, les mesures sanitaires ne permettent pas de public dans les tribunes. Mais grande première, la course taurine est retransmise sur une plateforme de live streaming. Le spectacle traditionnel comme si vous y étiez mais depuis chez soi... il est vrai l'ambiance en moins. Quoique !

Vincent, notre manadier gardois attendait ce rendez-vous avec impatience, il n'est pas déçu...

On voit de plus belles actions à la télé mais c'est différent. On est plus sérieux, on ne vit pas la course comme dans les gradins.

Vincent Milla, manadier au Mas de la Comtesse, Aigues-Mortes.

Les raseteurs comme Jamel espéraient depuis des mois pouvoir fouler à nouveau le sable de la piste et tant pis si les hourras du public sont absents de l'arène.

On se prépare depuis janvier... On attendait cette reprise avec impatience, on est stressé mais très heureux.

Jamel Bouharguane, raseteur.


Celui qui a permi à Jamel, aux autres raseteurs et aux toros de reprendre du service, c'est le patron des arènes du Grau-du-Roi… Vincent Ribera. Il a trouvé le moyen de déjouer les règles sanitaires restrictives et de permettre la promotion de la tradition camarguaise… au-delà de la Camargue.

Tout le monde attend que les arènes rouvrent et de voir courir les raseteurs. Cette journée est une première pour la course camarguaise, un avant goût de modernité et surtout la possibilité de faire vivre la tradition même en temps de crise sanitaire... comme pour les autres sports.

Vincent Ribera, directeur des arènes du Grau-du-Roi.

Jusqu'aux derniers instants, avant la course, Vincent Ribera s'est inquiété de la bonne marche du dispositif. Dans le local transformé en régie télé pour l'occasion, les techniciens mesurent l'enjeu de cette journée.

On a l'habitude de filmer les courses camarguaises mais là c'est du direct, avec plusieurs caméras, des commentateurs, des ralentis, c'est une vraie première.

Romain Bofi, co-directeur de Toril.TV.

Ce dimanche, en direct, il y a eu 18.000 connexions. Autant dire beaucoup plus d'aficionados pour ce premier rendez-vous télé que la capacité de 3.000 spectateurs des arènes du Grau-du-Roi. Si le pari numérique semble gagné et si la passion est intacte… tous semblent d'accord pour dire que rien ne peut remplacer la liesse du public.

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