Imam expulsé : accusé d'avoir proféré des appels à la haine, Mahjoub Mahjoubi en appelle à la justice pour revenir en France

Mahjoub Mahjoubi, l'imam de Bagnols-sur-Cèze expulsé le 22 février vers la Tunisie, pourrait-il revenir en France ? Ce tunisien d'origine, père de cinq enfants, a déposé un recours en référé liberté qui sera examiné ce vendredi par le tribunal administratif de Paris.

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Le tribunal administratif de Paris va examiner vendredi à 13 heures, une requête déposée par l'imam Mahjoub Mahjoubi, expulsé jeudi dernier vers la Tunisie après avoir été accusé d'avoir proféré des appels à la haine visant les femmes et les Juifs dans ses prêches.

C'est son avocat, Maître Samir Hamroun, qui a déposé cette demande de référé-liberté dans le cadre d'une procédure en urgence, selon l'AFP.

Il conteste ainsi auprès du juge des référés du tribunal administratif l'arrêté d'expulsion pris par Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, contre son client.

Un "lapsus" invoqué

Installé en France depuis le milieu des années 1980, marié et père de cinq enfants qui sont de nationalité française, cet imam était dans la ligne de mire du ministre de l'Intérieur, qui avait demandé quelques jours avant son expulsion le retrait de son titre de séjour.

Mahjoub Mahjoubi avait diffusé une vidéo dans laquelle il qualifiait le "drapeau tricolore" - sans préciser s'il s'agissait du drapeau français - de "drapeau satanique" qui n'aurait "aucune valeur auprès d'Allah" .

L'imam de Bagnols-sur-Cèze, petite ville du Gard située au nord de Nîmes, s'était défendu en évoquant un "lapsus", expliquant qu'il dénonçait en réalité les rivalités entre supporters des pays du Maghreb, lors de la récente Coupe d'Afrique des Nations de football.

"Je n'ai pas insulté la communauté juive ni le drapeau français", a déclaré vendredi à l'AFP cet imam de 52 ans, qui se présente désormais comme un bouc émissaire "sacrifié pour l'exemple" sur l'autel de la nouvelle loi immigration.