Nîmes : des familles en situation irrégulière menacées d'expulsion malgré leurs efforts d'intégration

Dix familles en attente de régularisation doivent quitter leur logement, des bâtiments inoccupés autrefois dédiés aux cheminots. Plusieurs associations appellent à une manifestation de soutien le 18 janvier devant le tribunal correctionnel de Nîmes.

Les logements squattés étaient auparavant occupés par des cheminots à Nîmes. Ils doivent être détruits dans le cadre d'un projet de création d'une rocade.
Les logements squattés étaient auparavant occupés par des cheminots à Nîmes. Ils doivent être détruits dans le cadre d'un projet de création d'une rocade. © E.Mangani / FTV

Kristine Mikava tient à tout montrer. Sur la table de son appartement bien rangé, elle étale les diplômes de ses enfants, les démarches entreprises pour la régularisation de sa famille et les nombreux soutiens qui lui ont été adressés, comme autant de preuves de sa volonté et de sa capacité à s'intégrer.

"J'ai peur bien-sûr, se confie la mère de famille, dans le reportage tourné par France 3 Occitanie, "nous sommes bien intégrés ici, les enfants apprennent bien le Français."

Ballotée de ville en ville

Depuis trois ans en France, ballotée de ville en ville, cette famille géorgienne  a vu ses demandes d'asile rejetées. Dans une semaine, elle devra peut-être une fois de plus quitter son logement de fortune. Comme une dizaine d'autres familles.

Environ une cinquantaine de personnes occupent ces logements, situés rue Pierre-Sémard à Nîmes, autrefois dédiés aux cheminots, et aujourd'hui promis à la démolition pour un lointain projet de rocade.

Ces familles sont qualifiées, avec des métiers, comme plombier ou boucher

Yves Carrel, membre du DAL

Pour les associations qui les soutiennent, l'expulsion de ces familles est un non-sens. Odile Aigon, membre de l'association pour la promotion des travailleurs immigrants (APTI), salue les efforts de Kristine et des autres : "Malgré l'adversité et le manque de revenus, ces familles mettent les enfants à l'école et se soutiennent entre elles.'" Pour le DAL (droit au logement), il faut réexaminer la situation. "Ces personnes doivent obtenir un titre de séjour qui leur permettra de travailler et de mieux s'intégrer encore. Elles peuvent être autonomes, elles sont qualifiées, avec des métiers, comme plombier ou boucher", insiste Yves Carrel, membre du DAL

Rassemblement de soutien mardi 12 janvier pour une dizaine de familles menacées d'expulsion. Elles occupent des logements vides, auparavant utilisés par des cheminots.
Rassemblement de soutien mardi 12 janvier pour une dizaine de familles menacées d'expulsion. Elles occupent des logements vides, auparavant utilisés par des cheminots. © E.Mangani / FTV

Les familles sont convoquées avec les associations qui les soutiennent devant le tribunal correctionnel de Nîmes pour occupation illégale. Une vingtaine d'associations a lancé une pétition de soutien. Elles appellent à manifester devant le palais de justice lors de l'audience du tribunal correctionnel prévue à 14h le 18 janvier prochain.

 

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