Ninon, 20 ans, tuée par son petit ami : la cour d'assises du Gard le condamne à 30 ans de réclusion

Palais de justice de Nîmes - archives / © France 3 LR
Palais de justice de Nîmes - archives / © France 3 LR

Abdessadek Boumajane, accusé d’avoir frappé à mort sa petite copine, Ninon, 20 ans a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises du Gard.
 

Par Joane Mériot

Ce vendredi 7 février, la cour d'assises du Gard a condamné Abdessadek Boumajane, le petit ami de Ninon, accusé de l’avoir frappé à mort en novembre 2016 à 30 ans de réclusion criminelle. Elle a suivi les réquisitions du procureur général. La préméditation n'a pas été retenue : 

Malgré ses dénégations il avait bien l'intention de la tuer. Je ne dis pas qu'il avait prémédité son acte, mais cette nuit-là, il a frappé, frappé, frappé, pour en finir,
- Pascale Palau, avocate générale
 

"Une peine à la hauteur du crime


Maître Isabelle Mimran, avocate de la partie civile retient ce procès comme étant "emblématique" et "terrible" :

Je pense que cette peine est à la hauteur du crime qui a été commis. La famille sera soulagée de savoir que justice est passée. J’ai pu faire vivre à nouveau Ninon pendant quelques dizaines de minutes. Les proches m’ont remercié pour cela et j’étais très touchée. J’espère qu’il ne fera pas appel.


Depuis mercredi, Abdessadek Boumajane, 27 ans, sans emploi, condamné quatre fois pour des affaires de stupéfiants, était jugé pour "meurtre sur conjoint" dans la nuit du 19 au 20 novembre 2016 dans l'appartement du couple, dans le centre de Nîmes. Il a reconnu les violences mais pas l'intention homicide.
 

Un possible appel 


Pour Maître Guillaume Fort, l’avocat de la défense, le verdict est un moment difficile. "J’ai du mal à m’expliquer ce verdict. Mon client est un jeune homme qui a des diplômes, qui travaille sur sa personnalité, qui travaille avec des psychologues et des psychiatres, des addictologues en détention."

C’est un verdict sévère où ils ont voulu retenir l’intention homicide alors que nous avons tenté de démontrer tout au long de cette audience qu’elle n’existait pas :   
"Nous allons prendre le temps de réfléchir à faire appel", conclue l’avocat de la défense.

           

Il l'a laissée agoniser


Le 20 novembre 2016, le corps d’une jeune fille d’à peine 20 ans, portant de nombreuses traces de coups, est découvert dans un appartement de la rue Saint-Rémy à Nîmes. La jeune fille, Ninon, étudiante à Nîmes, a été frappée à mort.

C’est Abdessadek Boumajane, son compagnon, qui a alerté les secours mais il a pris la fuite avant l’arrivée des pompiers :

Il l'a laissée agoniser, puis il l'a abandonnée dans l'appartement. Il l'a tellement frappée au niveau de la tête qu'elle est déformée. Il y a une multitude de coups... Vous avez vu les photos, des pieds au sommet de la tête, des doigts aux épaules, le corps est bleu, rouge, elle a été martyrisée.  
- Me Isabelle Mimran pour les parents et la famille de la victime.


Rapidement interpellé et placé en garde vue, le jeune homme avoue en partie les faits qui lui sont reprochés.
La victime et son compagnon se connaissaient depuis près de six ans et habitaient ensemble depuis à peine deux mois.


 

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