Regard neuf sur l'autisme : rencontre avec Inès, 16 ans, réalisatrice de "Moi, Léa"

Tourné cet été, projeté sur grand écran et sur Youtube depuis novembre dernier, "Moi, Léa" est un film de 52 mn réalisé par une jeune Gardoise de 16 ans. Atteinte du syndrome d'Asperger, Inès Bigonnet s'est lancée dans ce projet fou pour un autre regard sur l'autisme. Nous l'avons rencontrée.  

Inès, Léa dans le film, pédale contre les préjugés dans la campagne gardoise.
Inès, Léa dans le film, pédale contre les préjugés dans la campagne gardoise. © Youtube

"Ce n'est pas parce qu'on est différent qu'on doit voir moins grand" le sous-titre du film donne le ton. Tourné cet été, projeté sur grand écran et sur Youtube depuis novembre dernier, "Moi, Léa" n'est pas un moyen métrage sur l'autisme comme les autres. Sa réalisatrice Inès Bigonnet est elle-même atteinte du syndrome d'Asperger. Cette jeune Gardoise a accompli ce projet fou à l'âge de 16 ans avec un but parfaitement atteint : donner une autre image de l'autisme et des différences. Notre équipe de France 3 Pays gardois, Pauline Pidoux et Victor Bachtik, a rencontré Inès, alias Léa dans le film.

Réalisatrice, scénariste, actrice...Inès Bigonnet a créé et porté "Moi, Léa" du début à la fin.
Réalisatrice, scénariste, actrice...Inès Bigonnet a créé et porté "Moi, Léa" du début à la fin. © F3 Pays gardois

Inès, réalisatrice et actrice de "Moi Léa"

« Moi , Léa » raconte l’histoire des Durand, une famille pauvre des années 80 qui, depuis la mort du père de famille, vit dans des conditions inconfortables. Un jour, la famille reçoit des menaces d’expulsion de sa maison. Léa, la fille aînée passionnée de cyclisme, trouve une annonce parlant d’une course de vélo, avec une importante somme d’argent à la clé qui pourrait rembourser les charges à payer. Entre conflits et secrets, Léa va donc tout faire pour remporter cette course, en faisant des rencontres qui vont bouleverser sa vie...

Inès a créé Léa, 16 ans, personnage principal d'un film qui lutte contre le sexisme et les discriminations. La jeune réalisatrice, atteinte du syndrome d'Asperger, a elle-même subi des moqueries au lycée..

Moi j'ai la forme la moins grave d'autisme et je voulais expliquer que c'est pas parce que je suis différente et un petit peu autiste que je suis pas drôle, que je ne peux pas être intégrée dans un groupe. Je peux faire la même chose que les personnes normales. C'est ça que je voulais expliquer dans mon film!

Inès Bigonnet, réalisatrice de "Moi,Léa"

Léa, alias Inès à droite, a imaginé ce film où elle incarne une collégienne des années 80.
Léa, alias Inès à droite, a imaginé ce film où elle incarne une collégienne des années 80. © Youtube

La preuve par l'image

Non seulement elle peut faire comme les autres, mais elle peut même faire mieux!  Réaliser un film à 16 ans n'est pas donné à tout le monde. Elle a été conseillée par Aurélien Quillet, un ancien étudiant en cinéma qu'elle a rencontré lorsqu'il était surveillant dans son collège. Et le jeune homme ne cache pas son admiration:

"Moi je sais qu'à 16 ans, j'aurais jamais fait ça! Pourtant j'étais déjà un peu dans la vidéo..."

Mais vraiment, avoir l'audace de faire un film...Jamais j'aurais eu le courage de faire ça...Je lui tire mon chapeau!

 Aurélien Quillet, "assistant/ conseiller" d'Inès

 

Inès Bigonnet et Aurélien Quillet, qui a épaulé la jeune Gardoise dans la réalisation de son premier film.
Inès Bigonnet et Aurélien Quillet, qui a épaulé la jeune Gardoise dans la réalisation de son premier film. © F3 Pays gardois

 Même admiration du côté de sa famille, qu'Inès a largement mise à contribution pour tourner son moyen-métrage. Et son père n'en revient pas!

"C'est un véritable projet qu'elle a mené. Dans un projet il y a toujours un volet financier, un volet pour l'organisation plus la mobilisation des équipes."

Je dois avouer que j'ai été assez surpris de la voir gérer tout ça en parallèle!

 Alexandre Bigonnet, père d'Inès

Une jeune fille qui a bien la tête sur les épaules et qui sait ce qu'elle veut. Dans le Gard, Pauline Pidoux et Victor Bachtik ont rencontré Inès et toute sa famille pour France 3 Languedoc-Roussillon.

Un film à micro budget, mais qui a été en partie financé par une cagnotte lancée sur internet. Au total le projet "Moi Léa" a inspiré les internautes à hauteur de 1 250 euros de dons. Et le film est là, aujourd'hui, pour dire à chacun combien cet appel aux dons était justifié.

Et maintenant ?

La cagnotte lancée en février dernier pour soutenir le film d'Inès a été fructueuse.
La cagnotte lancée en février dernier pour soutenir le film d'Inès a été fructueuse. © Leetchi.com

La jeune Gardoise a déjà d'autres projets : un réalisateur lui a proposé d'être assistante de production pour un long métrage. A l'avenir, ce n'est pourtant pas dans le monde du cinéma qu'Inès aimerait travailler, mais dans celui de son autre passion : le chant.  
 

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