Le SDIS du Gard recrute pour renforcer son dispositif cet été

Le Service Départemental d’Incendie et de Secours du Gard lance une campagne de recrutement. Le SDIS 30 recherche des sapeurs-pompiers volontaires pour renforcer son dispositif cet été.
Le SDIS 30 va renforcer son dispositif cet été, craignant à nouveau la sécheresse et des périodes de vent fort.
Le SDIS 30 va renforcer son dispositif cet été, craignant à nouveau la sécheresse et des périodes de vent fort. © SDIS du Gard
Crise sanitaire et économique oblige, la saison estivale cette année ne ressemblera sans doute pas aux précédentes dans le Gard, l’un des départements les plus touristiques de France.

Mais le dispositif de surveillance et d’intervention des pompiers gardois, lui, sera renforcé. Et pour cela, le SDIS 30 lance un appel dans toute la France à destination des pompiers volontaires ayant déjà un minimum d’expérience.
 

Jusqu’à 150 recrutements possibles cet été au SDIS 30

 
La pratique est courante. Les voisins de l’Hérault, des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse font ainsi. Le système avait permis l’an dernier de recruter 60 saisonniers dans le Gard pour les deux mois d’été.

Mais cette année, le SDIS 30 ne se fixe aucune limite, évoquant jusqu’à 150 personnels supplémentaires possibles. Car il veut renforcer, à titre préventif, la présence humaine sur le terrain. "A priori, vu nos besoins, très peu de candidats seront écartés, explique le Commandant Eric Agrinier, l’officier chargé de la communication. Il leur faut juste répondre aux critères et avoir un minimum de pratique."
 
Des recrutements étaient prévus cette année au service d’incendie et de secours. Mais "en raison du confinement, précise le président du SDIS Alexandre Pissas, les examens écrits et physiques prévus au printemps ont dû être reportés au mois de septembre. Voilà pourquoi nous avons besoin de ces renforts cet été"
 
Les candidats doivent être âgés d’au moins 18 ans et disponibles un mois minimum. Les dossiers doivent être déposés au plus tard le 31 mai. 
 

Un dispositif préventif doublé sur le terrain


L’été dernier, 330 sapeurs-pompiers avaient été mobilisés sur une trentaine de centres de secours répartis dans le département. Quatre postes avancés avaient été mis en place pour la saison.
 
Les centres de secours du SDIS du Gard.
Les centres de secours du SDIS du Gard. © SDIS du Gard

Une vingtaine de patrouilles - équipées d’un réservoir de 600 litres d’eau - avaient été chargées de contrôler l’emploi réglementé du feu, le guet aérien permettant d’intervenir sur d’éventuels départs de flammes.
 
330 pompiers avaient été mobilisés au cours de la saison estivale en 2019.
330 pompiers avaient été mobilisés au cours de la saison estivale en 2019. © SDIS du Gard

 
Cet été, le nombre de groupes d’intervention positionnés sur le terrain et constitués d’un officier et de quatre véhicules d’intervention sera doublé pour passer à huit par jour. Les effectifs mobilisés dans les services de garde au sein des centres de secours seront également revus à la hausse. 
 

On se doit d’anticiper dit le Commandant Agrinier. Notre devoir est de dimensionner notre dispositif en raison du risque important de feux de forêt. Celui-ci sera donc considérablement renforcé cet été.

 

"La grande inconnue cet été c’est le nombre de vacanciers dans le Gard"

 
Pour cet été, l’interrogation principale porte surtout sur le nombre de vacanciers présents dans le département, l’activité du SDIS étant proportionnelle à l’activité humaine.

Depuis le début du confinement, la première a d’ailleurs chuté de 30% dans le Gard. "Les étrangers seront certainement moins nombreux mais cette absence sera certainement compensée par davantage de Français prévoit l’officier. L’affluence estivale sera-t-elle la même que d’habitude ? Aujourd’hui, personne ne sait".
 
L’autre inconnue réside dans la vulnérabilité des massifs, en raison de la forte présence de combustibles brûlés l’an dernier mais non dégagés. "C’est notre grosse crainte : que la sécheresse, des périodes de vent ou de fortes chaleurs favorisent les départs de feux dans les secteurs où de nombres arbres ou arbustes morts sont toujours présents".
   

Poursuite du plan de modernisation et d’investissement

 
En 2019, le SDIS 30 avait mis en circulation 26 véhicules neufs ainsi qu’un équipement innovant de protection des personnels en intervention. Le plan de renouvellement et d’investissement se poursuit cette année avec l’arrivée de deux camions citernes de grande capacité supplémentaires et de 10 nouveaux véhicules. 
 
Le plan de renouvellement du matériel va se poursuivre en 2020.
Le plan de renouvellement du matériel va se poursuivre en 2020. © SDIS du Gard


 
Pour la première fois depuis 12 ans, le budget a été voté à l’unanimité la semaine dernière par le conseil d’administration. Le conseil départemental qui en finance 59% (et les communes 41%) a débloqué 5M€ en investissement et 3M€ en fonctionnement (c’est plus que prévu).
 

Location d’un hélicoptère pour remplacer les Trackers

 
Du coup, pour compenser la mise au rebut désormais officielle des sept Trackers encore en service au sein de la Sécurité Civile, le SDIS 30 louera pour deux mois un hélicoptère bombardier d’eau d’une capacité de 1.000 litres d’eau, capable de largages plus ciblés. 

"C’est un appareil qui peut larguer avec une précision chirurgicale affirme le Commandant Agrinier. Ce qui est parfait pour combattre des départs de feu mais aussi pour la mise en sécurité de nos personnels. Et il peut plus facilement s’approvisionner à un point d’eau à proximité et en trois minutes intervenir, ce qui le rend particulièrement efficace pour des sautes de feu".
 

"L’Etat a fait défaut", déclare le président du SDIS 30

 
D’ici à 2023, quatre Dash doivent être livrés à la base de Nîmes-Garons, en plus des quatre déjà opérationnels mais les moyens aériens seront mathématiquement réduits cet été. "Nous nous substituons financièrement à l’Etat fait remarquer le président Pissas et ce n’est pas normal. La flotte de la Sécurité civile est de son ressort. Mais il faut bien se doter de moyens de lutte suffisants car nous n’avons pas oublié 2019". 
   
L’an dernier, le nombre de feux et de surfaces parties en fumée dans le Gard avaient atteint des niveaux historiques, jamais enregistrés depuis 30 ans.
 
EN 2019, plus de 1000 hectares avaient brûlé dans le Gard.
EN 2019, plus de 1000 hectares avaient brûlé dans le Gard. © SDIS du Gard


Pour la seule journée du 28 juin, l’une des premières de la saison estivale, 600 hectares avaient brûlé contre 30 pour toute l’année 2018. Ce jour-là, 11 maisons avaient été détruites et 11 personnes blessées. Au total, près de 1.100 hectares étaient partis en fumée l’an dernier dans le département.
 
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