Consternation pour plusieurs familles à Saint-Christol-lès-Alès, dans le Gard : malgrè leurs bonnes notes, les 10 jeunes filles en esthétique d'un lycée professionnel privé n'ont pas obtenu la validation de leur contrôle continu au baccalauréat. Le rectorat estime que leur niveau est insuffisant.
La mauvaise nouvelle est tombée le 6 juillet dernier. Ce jour là, dix jeunes filles, élèves en baccalauréat professionnel esthétique, ne trouvent pas leurs noms sur les listes des diplômées du bac. Et pour cause : toute la classe a été recalée !
Le lendemain, avec leurs parents, les jeunes filles se rendent à leur lycée pour avoir des explications : toutes étaient scolarisés à l’École des métiers professionnels Cévenole, un établissement privé hors contrat situé dans la Zac de la Pyramide de Saint-Christol-lès-Alès.Et là, on nous dit que nos filles ont eu le bac avec mention mais qu'il a été invalidé par le rectorat !
Une situation d'autant plus incompréhensible vu les bonnes notes que ces jeunes filles ont obtenu tout au long de l'année.
Pour Léa, l'une d'entre elles, la désillusion est d'autant plus cruelle qu'elle devait commencer à travailler en alternance dans un institut de beauté dès le mois d'août, projet désormais remis en cause par l'absence du fameux sésame scolaire.
Niveau pédagogique insuffisant selon le rectorat
Du côté de la direction de l'école, c'est le même sentiment d'injustice : la directrice ne comprend pas pourquoi ces 10 élèves n'ont pas été reçues du premier coup.Contacté par les parents d'élèves, le rectorat estime en revanche que le niveau pédagogique n'y est pas :J'ai fait un mieux car, à part pour ces 10 demoiselles, tout le monde a eu son diplôme !
"Le jury de délivrance du baccalauréat a considéré les éléments de dossier présentés par l'école des métiers professionnels cévenole irrecevables d’un point de vue pédagogique, les évaluations fournies ne correspondant pas aux compétences visées du diplôme."
La classe d'esthétique n'a pas le niveau requis pour ce bac professionnel.
"Le jury s'est attaché à faire preuve de toute la bienveillance qu'imposait cette situation sanitaire inédite. Il est néanmoins important de respecter également le niveau d'exigence des diplômes pour faciliter la toute prochaine professionnalisation des candidats." ajoute le rectorat par communiqué.
Les 10 élèves concernées devront donc passer une série d'épreuves en septembre pour tenter d'obtenir leur bac pro.
A Nîmes, 28 élèves d'une même classe recalés
A Nîmes, même topo, 28 élèves candidates au CAP Petite Enfance au sein de La Ligue d'Enseignement du Gard (établissement hors contrat) ont toutes été recalées. Pour cause de coronavirus, les élèves ont passé les épreuves en contrôle continu. Toutes ont reçu un courrier leur stipulant que leurs compétences n'étaient pas conformes et qu'elles devaient repasser des épreuves ponctuelles en septembre 2020.
Nous allons déposer un recours collectif auprès du Ministre !
" Toutes ces élèves avaient la moyenne et sont très impliquées ." s'insurge Thierry Kouby, directeur de l'organisme de formation. " Nous avons rencontré le Rectorat sans obtenir de réponse ! Nous envisageons de déposer un recours collectif avec les autres établissements concernés auprès du Recteur et du Ministre. Nous avons l'impression que les dossiers n'ont pas été étudiés..."
L'Académie de Montpellier confirme qu'il s' agit de cas " d'irrecevabilité pédagogique " et que le élèves sont " invitées à passer les épreuves en septembre. "
90% de réussite au Bac Pro dans le Gard
Dans le département du Gard, à la session de juin 2020, un peu plus de 90% des lycéens en Bac Pro ont obtenu leur diplôme au premier tour par le biais du contrôle continu.L’année dernière, selon les résultats diffusés par l'académie de Montpellier, le taux de réussite était de 78% (80% pour les filles, 76% pour les garçons).