Réchauffement climatique : le carburant 100% colza fait rouler les bus en émettant moins de gaz à effet de serre

Les cars peuvent désormais rouler en polluant moins grâce à un carburant d’origine végétale 100% colza. Une entreprise de transport au sud de Nîmes l’utilise pour une partie de son parc de véhicules. Cela permet de réduire de 60% les gaz à effet de serre par rapport au diesel.

Avec des prix du pétrole qui explosent, certains professionnels du transport ont trouvé une alternative au gasoil en utilisant du carburant au colza. 

L'Oleo100 est désormais utilisé pour remplir les réservoirs des cars de la région Occitanie comme nous avons pu le constater dans une entreprise chargée d'exploiter ces véhicules à Vauvert au sud de Nîmes.

Rouler plus propre au colza

10 de leurs 50 cars roulent au colza qui est produit en France. Pour Christian Garcia le directeur de l’entreprise, leur premier intérêt "c'est déjà de rouler plus propre. Car le colza, sur l’ensemble du cycle de vie du produit permet de réduire de 60% les gaz à effet de serre par rapport gazole. En plus, il rejette 80% de moins de particules fines et donc on a une meilleure qualité de l’air".

Oleo100 produit en France

Le colza c’est cette fleur jaune qui pousse dans nos champs. La France en a produit 4,3 tonnes en 2022. En broyant et triturant la graine, la Société Agro Industrielle de Patrimoine Oléagineux  est le principal acteur de transformation du colza en France.

D’un côté, on obtient une matière sèche, des granulés riches en protéines pour l’alimentation des animaux. Plus de la moitié de la production est réservée à cet usage, ce qui limite l’importation de soja et garantit aussi notre autonomie.

Le reste c’est de la matière grasse. 14% sert à assaisonner nos salades. Et l’excédent est transformé en oléo 100, ce biocarburant 100% colza issu de l’agriculture française qui fournit le transporteur gardois.

Un mix énergétique

Il fut un temps où on imaginait que les biocarburants remplaceraient le pétrole. Mais il faudrait beaucoup plus de terres pour passer à cette échelle. En France, ce n’est pas le choix qui a été fait même s'il y a suffisamment de terres arables pour répondre à la production de biocarburants et couvrir également nos besoins en huile alimentaire. La surface agricole consacrée aux carburants d’origine végétale ne représente que 2% de la surface totale allouée aux cultures. 

Aujourd’hui ce biocarburant à base de colza est complémentaire comme l'explique Christian Garcia : « On vise le mix énergétique. Avoir une énergie exclusive ne nous permet pas d’être réactif en fonction de ce qui se passe au niveau conjoncturel. L’actualité est là pour en témoigner. Le fait d’avoir du colza, du gasoil et d'autre source d’alimentation comme le gaz ou le bioéthanol nous permet de réagir en fonction de ce qui se passe au niveau économique et donc d’être plus autonome. »

C’est pour cette raison que les industriels travaillent sur les biocarburants de seconde génération issus du bois ou de la paille.

Conversion diesel vers colza

Pas besoin de vendre les bus qui roulent au gazole pour en acheter des neufs au colza. L'entreprise a fait du rétrofit en convertissant les véhicules. Cédric, le responsable d’atelier ouvre le capot qui se situe à l’arrière du car pour nous montrer :  « J'ai nettoyé le réservoir à gasoil puis changé le circuit de carburant. Ensuite on a remplacé les deux filtres et en une demi journée, le tour était joué. » 
Cette opération est réversible. S’il faut un jour revenir au gasoil pour répondre à des problèmes par exemple d’approvisionnement, il est toujours possible de faire du rétrofit en sens inverse.

Côté conduite, pas de changement pour la puissance du véhicule. En terme d’autonomie en revanche le colza consomme 8% de plus mais comme il coûte légèrement moins cher que le diesel, le bilan est neutre côté facture.

En Occitanie, une centaine de véhicules de transport scolaires et 62 cars de lignes régulières du réseau Lio roulent au colza.