Visite de Gérald Darmanin dans le Gard : les syndicats de police attendent plus de moyens matériels et humains

Gérald Darmanin est arrivé à Alès et avant de se rendre à Nîmes ce lundi dans le cadre du Beauvau de la Sécurité. Les syndicats de police Alliance et Unité SGP-FO espèrent des renforts dans le Gard pour faire face à la hausse de la criminalité, ainsi que du matériel suffisant.

Gérard Darmanin, ministre de l'Intérieur est arrivé à Alès dans le cadre du Beauvau de la sécurité.
Gérard Darmanin, ministre de l'Intérieur est arrivé à Alès dans le cadre du Beauvau de la sécurité. © O. Brachard/FTV

Vendredi dernier les policiers d'Alès ont vu leurs places de parking fraîchement repeintes en blanc et de belles plantes vertes installées à l'entrée et près du perron du commissariat. Des attentions pour le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, attendu dans la capitale des Cévennes dans le cadre du Beauvau de la Sécurité. Il est en visite dans le Gard pour entendre les représentants des forces de l'ordre. Ceux-ci espèrent beaucoup de la visite de leur ministre de tutelle.

Gérald Darmanin à son arrivée à Alès, accueilli à gauche par Christophe Rivenq, premier adjoint de la ville et président de l'agglo, et à droite par Didier Lauga, préfet du Gard
Gérald Darmanin à son arrivée à Alès, accueilli à gauche par Christophe Rivenq, premier adjoint de la ville et président de l'agglo, et à droite par Didier Lauga, préfet du Gard © O. Brachard/FTV

Matériel insuffisant

" Nous voulons des effectifs qui soient visibles sur la voie publique, précise Franck Groult, délégué départemental du syndicat de police Alliance pour le Gard et nous avons besoin de matériel. Il faut savoir que les section d'intervention n'avaient qu'un casque pour deux et des jambières pour deux également.

A Nîmes, nous n'avons toujours pas de fourgon blindé pour le maintien de l'ordre dans les cités.

 Franck Groult, délégué départemental du syndicat de police Alliance

Nous demandons également que les policiers et leurs familles bénéficient d'une protection fonctionnelle en cas d'attaque notamment sur les réseaux sociaux".

Renforts insuffisants

Quatorze renforts, dix le 1er avril et quatre en septembre doivent arriver à Nîmes. "Nous les accueillons à bras ouverts mais cela ne suffira pas à compenser le nombre de départs à la retraite, sans compter les policiers qui ont parfois entre deux et quatre ans de récupération. Ils sont comptés dans les effectifs mais ont effectué tellement d'heures supplémentaires qu'ils sont chez eux avant de partir de retraite. Nîmes est de plus un commissariat vieillissant et les taux de maladie sont importants. On ne se contentera pas de poudre aux yeux", ajoute Franck Groult.

Alès, Bagnols-sur-Cèze...

Sandy Issartel, déléguée départementale pour le syndicat Unité SGP Police, est à peu près sur la même longueur d'ondes.

Le ministre, il faut qu'il nous écoute et qu'il nous entende

 Sandy Issartel, déléguée départementale syndicat Unité SGP-FO

Si nous avons eu des renforts grâce à l'intervention du maire de Nîmes et de notre députée, il ne faut pas oublier Alès et Bagnols-sur-Cèze". Elle aussi renchérit sur le nécessaire remplacement de la flotte des véhicules dans les commissariats du Gard ajoutant que "cela fait cinq ans que nous demandons le changement de notre système de radio. Il doit arriver d'ici à la fin de l'année... On attend..."

Autre attente, celle de l'observatoire de la réponse pénale. "Nous souhaiterions qu'il y ait enfin une adéquation entre la peine encourue, la peine prononcée et la peine effectuée", conclut Franck Grout pour Alliance.

A l'issue de la visite les syndicats ont été déçus. " Pas de matériel en plus. Au jour d'aujourd'hui on n'a rien" regrette Sandy Issartel pour le syndicat Unité SGP FO. Ils n'auront pas plus que les renforts annoncés même si Gérald Darmanin, a promis "des renforts sans précédent pour le Gard depuis 2016".

Gérald Darmanin a rejoint Nîmes en fin d'après-midi pour un entretien avec le maire Jean-Paul Fournier.

Le maire de Nîmes interpelle le ministre

Ce dernier précise d'ailleurs dans un communiqué qu'il "attend des engagements forts de Gérald Darmanin"

Je me félicite de la visite du ministre de l’Intérieur qui témoigne son intérêt pour notre ville et ses habitants. Je souhaite toutefois que cet entretien ne soit pas un coup d’épée dans l’eau et qu’il répondra à nos attentes sur les enjeux sécuritaires pour que l’Etat puisse enfin prendre ses responsabilités

Jean-Paul Fournier, maire de Nîmes



Spirale de violence

"Nîmes s’inscrit ces dernières années dans une spirale d’actes criminels de plus en plus violents. L’insécurité dans les quartiers est en forte augmentation et l’ensemble des personnels du secteur public fait face quotidiennement à des situations de plus en plus difficiles. Les incivilités et l’économie souterraine véhiculent un sentiment d’insécurité, d’impuissance et d’abandon des Nîmois et des élus qui les représentent sur l’ensemble du territoire.
Cette « économie » gangrène la majeure partie des quartiers dits « prioritaires », avec comme acteur principal le trafic de stupéfiants.

8 homicides ou tentatives depuis janvier 2020

"La situation ne cesse de se détériorer. Depuis janvier 2020, Nîmes comptabilise 8 homicides ou tentatives avec 5 morts et 9 blessés. Des écoles, comme G. Bruguier située au Chemins-bas d’Avignon, ont été prises d’assaut par les trafiquants de drogue. De nouveaux points de deals sont implantés dans des quartiers proches du centre-ville", poursuit Jean-Paul Fournier.
 

Les attentes de la ville de Nîmes

La ville de Nîmes réclame bien plus que les 14 effectifs prévus. Son maire réclame  entre autres "50 agents supplémentaires pour la ville qui compte 155 000 habitants dont quatre quartiers prioritaires rassemblant plus de 35 000 personnes, un partenariat police municipale- police nationale renforcé, la création d'un poste supplémentaire commun dans le quartier Pissevin..."



 

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