Le château des frères Bogdanoff abandonné et en ruines : “Ça pète de partout, les morceaux tombent les uns après les autres et ça continue”

Deux ans après leur décès, le château des frères Bogdanoff dans le Gers est à l’abandon. Poutres, toiture et murs s’effondrent. Le président de la sauvegarde du patrimoine gascon lance un appel à l’aide.

C’est le dernier château gascon du Gers. Âgé de près d’un millier d’années et inscrit au monument historique, le château d’Esclignac (situé à Monfort) est en train de s'effondrer. Depuis son rachat par les frères Bogdanoff en 1986, il n’aurait bénéficié d’aucun entretien.

 “Il pleut dedans comme dehors”

“La moitié  des poutres de la toiture principale est déjà tombée, cela fait 40 tonnes à peser sur le sol du 4e étage et le toit a complètement vrillé”, Cédric Davant-Lannes, le président de la sauvegarde du patrimoine gascon, est désespéré. Cela fait  plus de 30 ans qu’il assiste, impuissant à la détérioration du château d’Esclignac.

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Depuis son rachat par les frères Bogdanoff en 1986, l’édifice n’aurait bénéficié d’aucun travaux d’entretien. Deux ans après le décès des jumeaux, le château, à l’abandon, s’effondre pierre par pierre. “Il pleut dedans comme dehors tellement les fissures et les brèches sont importantes”, décrit le passionné d’histoire.

Une immense brèche divise le toit du bâtiment principal, les fenêtres ont disparu de la dépendance et la végétation a repris ses droits. La DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) a récemment placé le château sur sa liste des “édifices protégés en souffrance”. Elle décrit un “édifice dangereux” et des “risques d’effondrement”.      

Un château bientôt millénaire

En 2034, ce château d’apparat célèbrera son millénaire (pour les parties basses, le 3e et le 4e niveau étant plus récents). Il est le plus vieux château du Gers encore debout et le dernier château gascon du département. Reconnaissable à ses deux tours présentes de chaque côté, l’édifice vaste d’un hectare, aurait hébergé D'artagnan, bien que brièvement. “La chapelle intérieure est toujours sacralisée”, précise Cédric Davant-Lannes. “Elle abrite une cloche qui est la 3e recensée dans le Gers à avoir survécu à Napoléon lorsque ce dernier les a fait fondre pour en faire des canons.”  

L’avenir du château en suspens

Aujourd’hui, seul l’ancien gardien du château vivrait encore sur place. La succession de ce château ne serait toujours pas réglée. Impossible alors pour un héritier d’entamer des travaux, de le vendre ou de le céder à l’Etat. Mais le montant des travaux pour redonner au château sa splendeur d'antan s’annonce colossal. “Rien que pour la toiture, il faut compter 5 millions d’euros. Le château est percé et je n’ai pas d’estimation sur l’ampleur des dégâts depuis que je suis parti”, Cédric Davant-Lannes était auparavant le président de la sauvegarde du château d’Esclignac, une association qu’il a fondé avec les frères Bogdanoff lors de l’achat du domaine mais qu’il a rapidement quitté. 

Nos ancêtres nous ont transmis des monuments. Nous, nous allons transmettre des tas de cailloux à nos enfants 

Cédric Davant-Lannes, président de la sauvegarde du patrimoine gascon

Aujourd’hui, il se bat pour sauvegarder ce symbole de l’histoire du Gers. “Il existe un article de loi de la DRAC qui lui permet d’intervenir lorsque les propriétaires sont défaillants, il faut qu’elle agisse”, réclame-t-il. Le passionné de patrimoine a également contacté la fondation Bern pour tenter d’obtenir de l’aide.

Contactés, les proches des anciens animateurs télé n'ont pas souhaité communiquer sur cette affaire.  

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