Gers : les enfants sous le choc et le père conscient "d'avoir frôlé la mort" après le tir d'un chasseur sur leur voiture

Un chasseur a tiré sur un monospace familial, à Castelnau-d’Auzan, dans le Gers, le 23 février. Si ses occupants, trois enfants et leur père, sont indemnes physiquement, un fort traumatisme subsiste. Le tireur a été déféré pour mise en danger de la vie d’autrui ce 28 février.
La vitre arrière du monospace familial a volé en éclat. Le 23 février, dans l'après-midi, un chasseur a tiré sur une voiture alors qu'il visait un sanglier. Les passagers, un homme âgé de 41 ans et ses trois enfants, sont indemnes, mais le choc subsiste. (Image d'illustration)
La vitre arrière du monospace familial a volé en éclat. Le 23 février, dans l'après-midi, un chasseur a tiré sur une voiture alors qu'il visait un sanglier. Les passagers, un homme âgé de 41 ans et ses trois enfants, sont indemnes, mais le choc subsiste. (Image d'illustration) © Pascal Brocard / MaxPPP
"J’ai conscience de tout, y compris d’avoir frôlé la mort." Il ne veut pas se répandre sur le sujet, mais concède simplement son état de choc. Dans l’après-midi du 23 février, ce Girondin a vécu une frayeur indescriptible lorsque la balle d’un chasseur est venue se loger dans le coffre de son monospace, alors qu’il conduisait ses trois enfants chez leurs grands-parents.

Elle roulait sur la D15 en direction des landes lorsque la famille a traversé une zone de battue. Un chasseur non loin de la route a alors épaulé son fusil, pour viser un sanglier qui courrait à proximité du véhicule. Un premier coup est parti, a manqué sa cible et est venu se loger dans le coffre du monospace, faisant exploser la vitre arrière et suscitant la panique à l’intérieur.
 
De ce moment entremêlé de malchance et de chance, les passagers gardent un traumatisme notable. Les enfants ont la chance de pouvoir profiter de la compagnie et du réconfort de leurs grands-parents. "[Ils] sont dans un cocon familial protégé, y compris de la partie médiatique. La situation s’améliore", confie leur père, qui souhaite tout de même leur faire rencontrer un psychologue.

Mais s’il se fait du soucis pour ses enfants, le quarantenaire ne s’en sort pas mieux, au contraire. "Le plus choqué c’est moi, car j’ai conscience de tout, y compris d’avoir frôlé la mort", concède-t-il, en précisant que lui, qui a déjà repris le travail, a d'ores-et-déjà pris rendez-vous avec un psychologue. Et d'ajouter, "j’espère surtout ne pas recommuniquer du stress à mes enfants quand je les récupèrerai."

Le chasseur rejette toute responsabilité

Âgé de 68 ans, le tireur a été déféré le 28 février devant le parquet d’Auch pour mise en danger de la vie d’autrui. "Il sera placé sous contrôle judiciaire dans l’attente de sa comparution devant le juge le 27 juin", explique la substitute de la procureure. Sur cette période, son permis de chasse et ses armes lui seront confisqués.

Pourtant, le sexagénaire, venu des Landes, continue de l’assurer, ce n’est pas son tir qui a fait voler en éclats la vitre arrière du monospace. Ce, en dépit d’une vidéo accablante tournée par des amies, et la balle retrouvée dans le coffre.

L’homme risque jusqu’à un an d’emprisonnement s’il est reconnu coupable. Le président de la société de chasse de Castelnau-d’Auzan n’a répondu à aucune de nos sollicitations.
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