Vendanges dans le Gers : après un violent orage de grêle mi-août, des inquiétudes sur la quantité et la qualité du vin

Le 12 août dernier un orage de grêle s’est abattu sur le secteur d'Ayzieu dans le Gers. Environ 1 000 hectares de vigne ont été touchés. Pour les viticulteurs concernés il a fallu faire un choix difficile entre la qualité ou la quantité.

Photo d'archives. Vendanges dans le Gers
Photo d'archives. Vendanges dans le Gers © MAXPPP
Comment faire face aux dégâts sur la vigne après un orage de grêle ? Le choix est délicat pour les professionnels qui se retrouvent parfois avec un dilemme : choisir entre la qualité ou la quantité.
Des orages de grêle, il y en a déjà eu et il y en aura d’autres mais celui du 12 août a marqué car il est arrivé au pire moment.

Au lendemain de cet épisode le président de la chambre d'agriculture évoquait plus de 600 hectares de vigne touchés. Ce serait finalement près de 1 000 hectares.

 

Récolter pour sauver ce qu'il reste

"Au mois d’août c’est rarissime les orages", explique Alain Lalanne, le président de la section viticole de la FDSEA du Gers.
Cet épisode de grêle a touché une cinquantaine de viticulteurs dans le vignoble du bas Armagnac, dans le secteur d'Ayzieu.

"Il y a eu un vent très brutal, très peu d’eau mais de la grêle. Des rangs entiers de vigne ont été couchés".

Abimer du raisin à la veille de la récolte c’est la pire chose que l’on peut infliger à un viticulteur.

Alain Lalanne, président de la section viticole de la FDSEA du Gers

"En juin le raisin est encore vert les grains autour vont continuer à se former mais au mois d’août y’a pas pire".
Résultat les vendanges ont été précipitées explique le responsable de la section viticole à la FDSEA. "La plupart des viticulteurs touchés se sont dépêchés de récolter mais le raisin n’était pas vraiment mûr. C’est jamais très bon pour la qualité, reconnait Alain Lalanne. Pour les parcelles les plus abîmées ce sera un vin de moindre qualité qui sera vendu moins cher. La perte financière est sèche."

Vendanger un raisin mûr

Sur les plus hautes collines d’Ayzieu, les frères Laffitte, également touchés par l’orage de grêle du 12 août ont fait le choix d’attendre avant de vendanger.
Ils vont attaquer en fin de semaine, d’abord le chardonnay puis le sauvignon. "A la fraîche, de 3 heures du matin jusqu’à midi au plus tard", explique Sébastien Laffitte soucieux de continuer à proposer un vin de qualité. 40 hectares sur les 120 qu’ils possèdent ont été abîmés. Le chardonnay, le colombard, le sauvignon, le gros et le petit manseng, tous les cépages qu’ils travaillent ont été touchés.
 

On va essayer de vendanger. Il a refait beau. Ce qui a été grêlé ça a séché ;  on va quand même sauver ce qui reste

Sébastien Laffitte viticulteur à Ayzieu (Gers)



"Comme on fait de la bouteille, explique-t-il, il faut que l’on ramasse ;  il faut honorer les marchés et il ne faut pas rester absent. En triant les parcelles, en les vendangeant quand c’est bien mûr, le peu qui reste sera bien."
"Les gens recherchent des vins de domaine, de l’authentique. Nous on est propriétaire récoltant et notre étiquette l’affiche alors si on achète ailleurs on aura un statut de négociant mais on veut Notre vin dans les bouteilles, pas du vin mélangé."
Les frères Laffitte ont choisi la qualité. Avec 120 hectares de vigne, ils sécurisent leur récolte. Ils trient et gardent le meilleur. La grêle est passée et leur a fait perdre un tiers de leur surface. "Le travail d’une année anéanti en 4 minutes" dit Sébastien.
450 000 à 500 000 bouteilles sortent chaque année de leur terroir mais cette fois il faudra se contenter de la moitié.
 
 
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