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Le gouvernement donne le feu vert aux mesures d'effarouchement contre l'ours mais sous conditions

Ourse et ses deux oursons en juin 2019 sur la commune de Seix (09). / © ONCFS Office national de la chasse et de la faune sauvage / réseau Ours brun
Ourse et ses deux oursons en juin 2019 sur la commune de Seix (09). / © ONCFS Office national de la chasse et de la faune sauvage / réseau Ours brun

Les  mesures "d'effarouchement" des ours bruns des Pyrénées, destinées à protéger les troupeaux des prédateurs, sont désormais possibles. Leur cadre vient d'être publié au Journal Officiel samedi 29 juin.
 

Par S.D avec AFP

Elles étaient annoncées au mois d'avril par le ministère de l'Agriculture. Les mesures d'effarouchement contre l'ours peuvent être mises désormais en oeuvre avec l'obtention préalable des préfectures.

La nouvelle devrait ravir les éleveurs ariégeois. Deux d'entre-eux ont perdu 260 brebis dans la nuit du 25 juin sur la commune d'Aston (Ariège) après un dérochement. Très rapidement, la responsabilité de l'ours dans cet évènement avait été identifiée. 
 
Mais ces méthodes d'effarouchement devront respecter plusieurs règles et seront "graduelles".

Deux types de méthodes

La première, dite "simple", emploie des moyens d'effarouchement sonores (cloches, sifflets, corne de brume, pétards, etc), olfactifs et lumineux (torches, phares, signaux lumineux de toute nature). Elle doit être justifiée par la survenance d'au moins une attaque sur l'estive au cours de l'année précédant la demande ou d'au moins quatre attaques cumulées sur l'estive au cours des deux années précédant la demande.
 
La seconde méthode "renforcée" permet le recours à des tirs non mortels de "toute arme à feu chargée de cartouches en caoutchouc" ou à double détonation. Elle peut être demandée soit dès la deuxième attaque intervenue en moins d'un mois malgré la mise en oeuvre de moyens d'effarouchement simple pendant cette période; soit -dans le cas d'estive ayant subies au moins quatre attaques cumulées sur les deux années précédentes- dès la première attaque attribuable à un ours survenue malgré le déploiement de stratégies d'effarouchements simples lors de la période de pâturage en cours.

Compte-rendu obligatoire           

Seuls un berger ou un éleveur titulaire du permis de chasse, des chasseurs, des agents de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage formés au préalable ou des lieutenants de louveterie auront le droit de pratiquer cette méthode "renforcée".
 

Quelle que soit la méthode d'effarouchement pratiquée, elle fera l'objet d'un compte-rendu détaillé au préfet. Si celle-ci devait être réalisée dans le parc national des Pyrénées, elle serait soumise à l'autorisation du directeur du parc. Appliquées à titre expérimental, ces mesures seront évaluées par l'Office national
de la chasse et de la faune sauvage.         

Appel à une meilleure protection des troupeaux

Quelques heures avant la publication de ces mesures d'effarouchement, les associations de protection des ours Ferus et Pays de l'Ours ont appelé, vendredi 28 juin, l'Etat à mieux contrôler la mise en place des mesures de protection des troupeaux contre les ours, après la mort des 260 brebis tombées d'une crête en Ariège.
 
 
"Un ours est présent dans ces vallées, mais est-ce que ça fait de lui le responsable automatique?", s'interrogent les deux associations, qui demandent aussi un renfort de la prévention des troupeaux.  "Pourquoi l'Etat ne fait quasiment aucun contrôle de la mise en oeuvre des mesures de protection des troupeaux qu'il finance, y compris quand les éleveurs déclarent des dégâts?", s'interrogent-elles. 

La population d'ours brun dans les Pyrénées n'était que de 5 en 1996 et elle est repartie à la hausse avec 50 spécimens officiellement décomptés en 2018, un chiffre qui pourrait être sous-estimé. Pour autant, selon la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), l'ours brun reste en danger critique d'extinction en France.
 

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