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Quelques centaines de manifestants contre la corrida de Rieumes

Les anti-corrida dimanche matin dans les rues de Rieumes / © Denis Tanchereau/France 3 Midi-Pyrénées
Les anti-corrida dimanche matin dans les rues de Rieumes / © Denis Tanchereau/France 3 Midi-Pyrénées

Quelque 350 militants ont manifesté dimanche matin contre la corrida de Rieumes, seule de Haute-Garonne et accusée par les opposants de ne pas représenter une véritable tradition taurine.

Par VA, avec AFP

Brandissant des photos de taureaux "torturés", les manifestants ont défilé derrière des banderoles où était écrit "Feria oui, corrida non" ou "Corrida barbarie".

Voir en vidéo le reportage de Cécile Fréchinos et de denis Tanchereau :
Anti et pro corrida à Rieumes


Dans un tintamarre de sifflets, trompes et sirènes, les opposants étaient maintenus à distance respectable des arènes éphémères, spécialement montées pour l'occasion, où deux corridas étaient prévues dans la journée. Un important dispositif policier empêchait les manifestants de quitter le centre du village de Rieumes, à une quarantaine de kilomètres au sud de Toulouse.

Les anticorrida voulaient faire de ce rassemblement leur "plus grande action de l'année" afin de "faire tomber la seule corrida de Haute-Garonne", selon le Crac (Comité radicalement anticorrida), un des organisateurs de la manifestation, avec la Fondation Brigitte Bardot, la Fédération des luttes pour l'abolition des corridas (Flac) et l'association belge Animaux en péril.

La disparition de la corrida de Rieumes créerait une "coupure géographique entre le sud-est et le sud-ouest de la zone tauromachique", souhaite le Comité.

La manifestation s'est déroulée dans le calme, à l'exception de quelques accrochages verbaux entre opposants et aficionados, dont certains ont été arrosés de faux sang.

"Ce petit village fait tâche en Haute-Garonne",

a déclaré Jean-Pierre Garrigues, président du Crac Europe, dénonçant les subventions publiques versées à la feria. "Ici comme ailleurs, il n'y aurait pas de corrida sans subvention publique", a-t-il ajouté.

Yves Samyn, président du Club taurin de Rieumes, qui organise la feria, a souligné que l'événement n'était subventionné qu'à hauteur d'environ "1% de son budget", qui s'élève à 180.000 euros par an, contre deux fois plus lors de la première édition en 1999.

Le Crac estime que la corrida de Rieumes, dont c'est la 17e édition, est trop récente pour revendiquer une "tradition locale ininterrompue", condition fixée
par la justice pour autoriser une corrida.

Après 15 procédures devant la justice, la cour d'appel de Toulouse avait reconnu en avril 2008 la légitimité de la tradition taurine à Rieumes et en Haute-Garonne, rejetant une requête en annulation déposée par des opposants. Dans son arrêt, la cour avait estimé qu'"une tradition ininterrompue de course
de taureaux peut être invoquée à Toulouse, ainsi que dans sa région", malgré la fermeture des arènes de Toulouse en 1976.

"Avec 16 ans de présence, la feria de Rieumes est pérennisée",

a jugé Yves Samyn, qui a balayé du revers de la main les actions des anticorrida. "On les côtoie depuis le début. On ne s'en occupe pas", a-t-il dit.

"Près de 10.000 personnes" participent sur trois jours et trois nuits à la feria de Rieumes, selon le président. Les arènes peuvent accueillir 2.400 personnes environ.

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