100 films en ligne pour 15 euros : le 33e festival Cinélatino de Toulouse se dédouble pour contourner la Covid

Après l'annulation de son édition 2020, le festival Cinélatino de Toulouse se dédouble pour mieux contourner la crise sanitaire : une très riche programmation en ligne du 19 au 28 mars et, pariant sur une amélioration de la situation, une partie en salles avec invités et fiesta latino en juin. 

"L'oubli que nous serons", film colombien en compétition à Cinélatino
"L'oubli que nous serons", film colombien en compétition à Cinélatino

Evidemment, un festival de cinéma, c'est normalement conçu pour voir des films en salles et y partager des oeuvres sur grand écran. C'est la raison d'être des Rencontres Cinélatino de Toulouse qui, depuis 33 ans, permettent ainsi aux films d'Amérique latine de trouver des distributeurs en Europe. Bon an mal an, pendant 10 jours, pas moins de 50.000 entrées étaient comptabilisées sur les 10 jours de ce festival qui marque l'arrivée du printemps.

Une édition 2021 en deux parties, en mars et en juin

Mais l'édition 2020 a dû être annulée dans l'urgence du premier confinement. Et comme la situation sanitaire ne permet toujours pas l'ouverture des salles, l'équipe de Cinélatino a imaginé une formule 2021 en deux parties pour "contourner" l'épidémie. Elle propose dès vendredi une programmation numérique d'une centaine de films, en ligne pendant 10 jours. Tout en pariant sur une meilleure situation sanitaire au mois de juin où la deuxième partie des Rencontres déclinera une programmation en salles, avec invités prestigieux et traditionnelle fiesta latino. "Préparer ce mois de mars en virtuel a représenté un gros travail, explique Francis Saint Dizier, le président des Rencontres. "100 films programmés ça veut dire 100 films sélectionnés puis sous-titrés, après négociations avec une plate-forme, les ayants droits et les distributeurs".

Un pass illimité de 100 films en ligne pour 15 euros

Dans cette riche programmation, accessible en ligne avec un pass illimité au tarif promotionnel jusqu'à la veille de l'ouverture du festival de 15 euros, le festival présente comme d'habitude à la fois des longs métrages, des fictions ou des documentaires, des courts-métrages, soit en compétition, soit dans la section Découvertes. Les oeuvres sélectionnées ont été réalisées avant la pandémie (notamment en 2019/2020) mais également pendant. "Les jeunes réalisateurs et les jeunes producteurs ont généralement mieux résisté à l'épidémie que leurs aînés", souligne Francis Saint Dizier, "parce qu'ils ont l'habitude de travailler dans la précarité, avec peu de moyens. Souvent en début de carrière, ils ont continué. Tandis que les producteurs et les distributeurs les plus installés en Amérique latine ont moins bien résisté. Comme en France ils ont retardé à plusieurs reprises leurs tournages".

Deux courts métrages sur la pandémie 

Deux courts métrages brésiliens traitent directement de la pandémie de Covid : Repùblica, réalisé au début du confinement de 2020 à São Paulo, et Reexisto, où 23 photographes du Brésil offrent leurs visions de la crise sanitaire. Tandis qu'un long métrage brésilien d'animation notamment pour jeune public , "Tito et les Oiseaux", a beau avoir été tourné avant la pandémie, il y est également question d'une étrange épidémie, qui se propage dans la ville et transforme les gens en pierres chaque fois qu'ils ont peur.

Un focus "le goût du rire"

Pour oublier "une année triste", Cinélatino met en ligne un focus "le goût du rire". Cet échantillon d'une dizaine de films présente les différents tableaux de l'humour cinématographique d'Amérique latine au travers d'une dizaine de films traitant des narcos colombiens, de la famille argentine, des vampires cubains, de l’élection présidentielle au Mexique, ou encore de la pression immobilière à São Paulo.  

Un hommage aux cinéastes disparus

Les aficionados de Cinélatino pourront également revoir les films des cinéastes récemment disparus qui ont accompagné le festival tout au long de son histoire : l'antillaise Sarah Maldoror, le cubain ancien professeur à l'ESAV de Toulouse Enrique Colina, l'argentin Fernando Solanas ou encore le mexicain Paul Leduc.

Comme depuis 33 ans, mais cette fois en ligne, plusieurs jurys délibéreront sur les films des différentes compétitions. Chaque soir, des rencontres se tiendront sur les réseaux sociaux. La cérémonie d’ouverture sera retransmise en direct sur Facebook et Youtube, et son film d’ouverture argentin, Heroic Losers de Sebastian Borensztein, visible en accès libre.

Après ces 10 jours en ligne au début du printemps , Cinélatino compte bien revenir sous sa forme classique en fin de saison, du 9 au 13 juin.  "C'est un pari, admet Francis Saint Dizier. Mais a priori d'ici là il y aura beaucoup de gens vaccinés. Et on s'adaptera comme on l'a fait tout au long de l'année". Deux invités prestigieux ont promis de faire le voyage à Toulouse : la documentariste brésilienne, Maria Augusta Ramos et l'acteur chilien Alfredo Castro. Leur filmographie et les films primés en mars seront projetés en salles. Tandis que devrait résonner le tempo latino dans la cour de la Cinémathèque. 

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