17 tortues de l'espèce la plus menacée ont été sauvées d'un trafic animalier par une association de Bessières

17 tortues Émydes lépreuses ont été saisies par les douanes françaises début mars 2023. Ces animaux dont l'espèce est menacée étaient transportés illégalement par un ressortissant hollandais pour être revendues. Grâce au refuge des tortues basé à Bessières (Haute-Garonne), elle ont pu être recueillies et réintroduites dans leur lieu de prélèvement, en Espagne.

Lors d'un banal contrôle, les douanes françaises ont eu le nez fin : elles ont saisi 17 tortues d'une espèce très rare et menacée : l'Émyde lépreuse. Transportées par un Hollandais, elles avaient été prélevées en Espagne et devaient faire l'objet d'un commerce animalier totalement illégal.

Recueillies à Bessières et réintroduites en Espagne 

Le 10 mars 2023, les autorités françaises ont ensuite confiées ces reptiles à l'Association du Refuge des Tortues basée à Bessières.

Elles ont alors subi des examens médicaux pour connaître leur état de santé puis mises à l'écart. "Nous les avons placées dans une partie à part du refuge, une zone non visitable. Dans des bacs en plastique, nous avons pu les observer, voir comment elles se comportent, si elles sont deshydratées. La prophylaxie était bonne, elles étaient plutôt en bonne forme, les yeux vifs." De quoi rassurer Simon Rouot, bénévole au refuge depuis 5 ans, en charge de la conservation.

Le refuge a alors recherché leur origine, sachant qu'elles sont présentes au Maghreb et dans la péninsule ibérique; les 17 tortues venaient d'Espagne. "Il y avait des adultes mais aussi des jeunes de 4-5 ans, mâles et femelles. Ce phénomène arrive très souvent. Des particuliers ou des administrations nous confient ces tortues saisies ou abandonnées. L'an dernier, nous en avons recueillies 200."

L'association haut-garonnaise s'est rapprochée d'un partenaire spécialisé dans la protection des tortues en Catalogne sud : le CRARC (Centre de Recuperació d'Amfibis i Rèptils de Catalunya). Elles ont pu être relâchées dans un espace naturel protégé le 26 avril, à l'abri des prédateurs et du commerce illégal. 

Un lieu dédié à la sauvegarde et la réintroduction des tortues à Bessières

Au printemps 2006, l’Association du Refuge des Tortues (A.R.T.) s'est créée, pour se consacrer à la construction et à la gestion d’un centre d’accueil pour tortues aquatiques et terrestres. "Sur 5 hectares de terrain à Bessières, nous avons aujourd'hui 1 200 tortues qui  proviennent d’abandons, de saisies, de découvertes dans la nature. En tout nous avons une trentaine de variétés. En 2020, nous avons construit une station d’élevage de tortues Émydes lépreuses : un lieu pour les faire reproduire , les étudier, les faires grandir et ensuite les relacher", affirme Simon Rouot.

Comme Simon, ils sont une trentaine de bénévoles et 4 salariés pour faire fonctionner le refuge. L'association peut aussi compter sur 90 adhérents. "Nous avons très peu d'aides donc quand un particulier nous remet une tortue, nous lui demandons d'adhérer pour avoir un petit financement pour les soigner. Nous espérons pouvoir installer notre station d'élevage en 2024. Les jeunes nées au refuge seront ainsi destinés à des réintroductions dans des espaces protégés d'Occitanie." 

L'ART a lancé un financement participatif pour pouvoir mener à bien ses projets. 

Ce lieu assez unique est ouvert au public tous les jours de 9h à 18h avec des visites guidées, des  animations, et possibilité de restauration.

Le reptile le plus menacé en France présent seulement en Occitanie

Non la tortue Émyde lépreuve n'a pas la lèpre mais avec seulement 1 000 spécimens en France, c'est le reptile le plus menacé. Il existe 3 espèces de tortues : 1 terrestre et 2 aquatiques, dont l'Émyde lépreuse.

Cette tortue de petite taille se trouve dans les cours d'eau et autres zones humides. Malgré le fait qu'elle soit omnivore, elle est de moins en moins présente alors que jadis, on la trouvait sur tout le pourtour méditerranéen. En France, on la localise seulement en Occitanie, principalement dans les Pyrénées-Orientales et quelque peu dans l'Aude ou l'Hérault.  

Pour l'instant, elle ne fait pas l'objet d'un programme de conservation. C'est un animal très peu étudié qui bénéficie d'un Plan National d’Action piloté par le CEN d’Occitanie (Conservatoire des Espaces Naturels).