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Des années de bataille politique avant l'arrivée du Minotaure et de La Machine à Toulouse

Voilà un (petit) détail du Minotaure dévoilé jeudi / © La Machine
Voilà un (petit) détail du Minotaure dévoilé jeudi / © La Machine

Le spectacle qui débute jeudi aurait pu ne jamais voir le jour. Retour sur ces années où le Minotaure, révélé jeudi à Toulouse, a dormi dans des cartons en attendant le feu vert de la ville. 

Par FV avec AFP

Les machines géantes de la Compagnie de La Machine dirigée par François Delarozière sortiront jeudi 1er novembre d'une longue période d'hibernation pour révéler au grand jour leurs grandes carcasses et déambuler fièrement pendant quatre jours dans le centre de Toulouse. 

Mais cela aura pris des années et aura vu les différentes majorité municipale s'étriper sur le projet. 
 

Une première mondiale

Il s'agira de la première mondiale du spectacle de rue "Le Gardien du temple"avec en vedette, un Minotaure mouvant de 47 tonnes et 12 mètres de haut, manipulé par seize machinistes, qui sortira des tréfonds de la ville labyrinthe, sous le regard protecteur d'Ariane, la colossale araignée qui le guidera jusqu'au temple sacré, selon un scénario encore gardé secret. 
 

Le Minotaure portera le Capitole sur son dos

A l'image du Grand éléphant de la compagnie à Nantes, le Minotaure "sera le porte-drapeau métropolitain" de Toulouse, s'enorgueillit l'ingénieur-artiste François Delarozière, qui confie que le colosse "portera sur son dos le Capitole", où siège aujourd'hui l'Hôtel de ville toulousain.
Entièrement "inventé" et créé pour Toulouse, Le Minotaure sommeille pourtant depuis 2013 dans l'usine de Tournefeuille (Haute-Garonne).
 

Décidée par Pierre Cohen... 

Voté par la précédente municipalité PS de Pierre Cohen, à hauteur de 2,5 millions d'euros, le mastodonte, truffé de technologies, attend depuis cinq ans l'autorisation d'être exploité. 
  
Car le monstre mi-homme mi-taureau a d'abord provoqué des "crispations" chez le nouveau maire LR Jean-Luc Moudenc. "Certes, c'est un bel objet mais c'est un très gros investissement culturel", explique Francis Grass, son adjoint à la culture. Il cite un investissement de 25 millions d'euros au total, dont 5,7 millions de subventions sur dix ans, et 2,2 millions pour le spectacle. "C'est quand même beaucoup d'argent public, il fallait discuter des contreparties et des risques", dit-il à l'AFP, parlant de "discussions assez ardues".
 

...la Halle était "une monstruosité" selon Jean-Luc Moudenc

La municipalité de Pierre Cohen s'était aussi engagée dans la construction d'une Halle des machines, sorte d'écurie de 6.000 m2 pour abriter le Minotaure et 60 à 80 créatures fantastiques, en bordure de la piste légendaire qui vit décoller Mermoz et Saint-Exupéry. Pour un coût de 16 millions d'euros.
    
Un contrat de mise à disposition d'un an avait été signé "que nous ne pouvions pas dénoncer", ajoute M. Grass, et la position de la Halle "si près d'un lieu sacré" de l'aéronautique, faisait tache pour les nostalgiques. Y compris pour Jean-Luc Moudenc qui, à peine élu au Capitole en 2014, parlait de "monstruosité" et de "provocation" dans ce lieu de mémoire. 

Finalement, la ville a réuni deux projets en un seul lieu, baptisé "la Piste des géants", où la mémoire illustre des pionniers de l'aéropostale côtoie les créatures monumentales de la Halle. Le temps faisant son oeuvre, Jean-Luc Moudenc est devenu aujourd'hui... un fervent supporter de la place de La Machine et du Minotaure à Toulouse.

Le retour des machines géantes, chassées de Toulouse par Dominique Baudis

"Comme une écurie vivante où les chevaux se préparent avant de partir au spectacle", explique François Delarozière la Halle veut désormais "faire rêver" quelque 200.000 visiteurs l'an prochain, espère la compagnie nantaise qui crée 35 emplois. La mairie prévoit même des packages aéronautique-la Machine-la Cité de l'espace, pour attirer davantage de touristes à Toulouse.
    
Un heureux épilogue pour les machines géantes, qui avaient été chassées manu militari de Toulouse à la fin des années 80 quand elles étaient estampillées Royal De Luxe. L'ancien maire Dominique Baudis n'avait pas apprécié qu'on fasse rôtir un bus de la ville sur un tourne-broche géant. 

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