Anti et pro-ours enfin d'accord sur un point : le boycott de la présentation du plan ours de la préfecture de Toulouse

L'ours et le pastoralisme, une difficile cohabitation - image d'illustration / © RAYMOND ROIG / AFP
L'ours et le pastoralisme, une difficile cohabitation - image d'illustration / © RAYMOND ROIG / AFP

Ce jeudi à 15h00, la préfecture d'Occitanie doit présenter son plan ours, une feuille de route qui doit garantir la "cohabitation" entre le pastoralisme pyrénéen et l'ours. Mais de nombreux acteurs du dossier, aussi bien pro qu'anti-ours, ont déjà annoncé qu'ils allaient boycotter cette réunion.

Par Laurence Boffet avec AFP

A l'heure où commencent les transhumances, alors que les brebis prennent le chemin des estives où des troupeaux ont déjà été attaqués, la tension et les inquiétudes au sujet de l'ours restent vives dans les Pyrénées. Elles se cristallisent même ce jeudi autour de la présentation de la feuille de route "ours et pastoralisme" de la préfecture d'Occitanie.
Après avoir présenté en mars un document de travail et après avoir reçu les recommandations des différents protagonistes du dossier, l'Etat doit présenter à 15h00 ses conclusions, son plan pour garantir la "cohabitation" entre le pastoralisme et l'ours. Mais de nombreux acteurs du dossier ont annoncé dès mercredi qu'ils allaient boycotter cette présentation. C'est le cas de la quinzaine d'associations réunies au sein de la Coordination Associative Pyrénées pour l'Ours (Cap Ours), qui défendent la présence du plantigrade dans le massif, mais aussi de l'Association pour le développement durable de l'identité des Pyrénées (Addip), farouche opposant. Dans deux communiqués, elles expliquent les raisons de ce boycott.
 

"Une feuille de fausse route" pour Cap Ours

"Pour la première fois depuis 19 ans, les associations environnementales ne participeront pas à une réunion sur l’ours organisée par l’Etat" souligne Cap Ours dans son communiqué, dénonçant une "feuille de fausse route".
En cause notamment, pour Cap Ours, une mesure qui figurait dans le document de travail et porte sur l'effarouchement de l'animal. Des mesures d'effarouchement sont d'ores et déjà prévues par le gouvernement : dans un premier temps via des signaux sonores ou lumineux envoyés par les bergers, puis si nécessaire via des tirs non létaux par des professionnels. Or "l'effarouchement a déjà commencé" avant même la présentation du plan ours, dénonce Cap Ours, qui s'élève "contre le mépris de l’Administration envers les associations". La coordination, qui en appelle au ministre de l'Environnement, condamne aussi l'information de la localisation précise des ours par SMS, une mesure "inutile et dangereuse pour les ours, pas encore annoncée officiellement, mais déjà appliquée".
 

De la "poudre de perlimpinpin" pour l'Addip

Quant à l'Addip, qui avait déjà boycotté la présentation de mars, elle qualifie d'ores et déjà les mesures de "poudre de perlimpinpin" qui ne feront pas "reculer les ours", dont la réintroduction a démarré à partir de la fin des années 1990. Et elle dénonce le fait que la plupart de ses requêtes "semblent avoir été ignorées".
Concernant l'effarouchement, les fédérations pastorales et les syndicats agricoles ont souhaité un effarouchement systématique réalisé par des professionnels intervenant en prévention. Ils s'alarment que l'Etat envisage de le faire mettre en oeuvre par les éleveurs et les bergers et réclament des moyens humains, avec des brigades professionnelles sur le terrain. Et rappellent que l'un des préalables à la discussion reste pour eux "la proclamation officielle de la fin des réintroductions"... 




 

A lire aussi

Sur le même sujet

Au lycée de Lattes, Jacques Chirac entre dans l'Histoire

Les + Lus