Avant d'examiner la citation directe de Total, la cour d'appel de Paris s'est penchée sur l'organisation de l'usine AZF de Toulouse. Etait-elle l'usine modèle décrite par ses cadres ? Ou bien un site industriel où l'on a nié le risque d'explosion, comme le pensent certaines parties civiles ?

Ils sont venus à la barre dire à quel point l'usine AZF était un modèle d'organisation et de sécurité...
Au moment des faits, ils étaient DRH, numéro 2 de l'usine en charge de la production ou responsable de la sécurité. Et pour eux, en 2001, le site industriel n'a rien à se reprocher. Il est même classé 3ème sur les 42 usines d'Atofina pour les paramètres sécurité. Et ceci est l'aboutissement de vingt années d'efforts en matière de sécurité. "On était à l'affût du moindre défaut pour y remédier et corriger", explique ainsi Gildas Thomas, ancien DRH.

Mais pour la plupart des parties civiles, il en est tout autrement. "Cette usine-modèle", explique maître Thierry Carrère, avocat de victimes, "nous le savons parce que nous connaissons le dossier, elle n'a jamais existé". Et l'avocat d'expliquer que dans les procédures, les responsables d'AZF s'étaient employés à nier le risque d'explosion du nitrate d'ammonium. Comment, dès lors, expliquer et former à ces risques les salariés ?, s'interroge-t-il encore.

 L'administration a d'ailleurs reconnu que ce risque d'accident était plausible. Un système, aussi parfait soit-il, dérive en l'absence de contrôles, a-t-on pu comprendre. 

Alors Serge Biechlin, directeur de l'usine AZF de Toulouse en 2001, a-t-il commis une faute ? C'est à cette question que devra répondre la cour d'appel de Paris. 
Serge Biechlin est poursuivi pour homicides et blessures involontaires, par violation d'une obligation de sécurité ou de prudence. 

Voir le reportage de Juliette Meurin et Denis Tanchereau, de France 3 Occitanie : 


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