Comment survivre face à la crise ? L'ICS Show vous livre son assurance (presque) tous risques

Lunettes à réalité augmentée / © France 3
Lunettes à réalité augmentée / © France 3

Climat économique morose, perspectives délétères... Pour se lancer, voici 4 incontournables qui vous garantiront un certain succès.

Par Melody Locard

L'ICS Show regorge d'exemples d'entreprises qui malgré la crise, osent se lancer... Et réussissent. France 3 Midi-Pyrénées a étudié les conseils de multiples entreprises participantes au premier salon international de l'innovation et vous livre un kit de réussite. A utiliser avec modération.

1 - Innovez

L'innovation, un thème à la mode. La première des preuves : c'est le thème du salon qui déchaîne les passions à Toulouse depuis mardi 16 septembre et jusqu'à jeudi 18 septembre.

"Il faut innover" Audrey Bardon, chargée de projet à Sciences Anim, est intraitable. "Cela aide à la visibilité et les entreprises peuvent se positionner plus aisément sur les marchés internationaux".

Même en faisant du neuf avec du vieux, tant que cela paraît nouveau, innover fonctionne. Au hasard, prenez les selfies. Ou la mode du "Old School".

Première étape pour innover : ne pas se censurer !" Audrey Bardon, Sciences Anim

Pour faire de la jeunesse française la prochaine génération d'innovateurs, l'association Sciences Anim intervient dans les établissements scolaires de Midi-Pyrénées. En ville ou dans des territoires ruraux, grâce à la caravane des sciences qui se déplace partout dans la région.

Audrey Bardon, ne compte plus les collèges dans lesquels elle est intervenue. A chaque fois, elle fait le même constat : "Les jeunes ne connaissent pas le verbe 'innover'. Au début des ateliers, je demande au groupe : 'Qui se sent créatif ?' Personne n'ose jamais parler."



"Avoir des idées novatrices, ce n'est pas inné. Il faut écouter, rebondir, donner des idées, bonnes ou mauvaises et surtout, ne pas ce censurer." Voilà le discours que l'animatrice répète en boucle aux élèves.

Son plus gros regret ? Que les gens "jeunes ou moins jeunes d'ailleurs", aient peur de l'erreur. 

Pourtant, les possibilités sont infinies, d'après Joseph Sifakis, directeur du Centre de Recherche Intégrative à Grenoble : "Les  innovations susceptibles d’être développées dans les 10 à 15 prochaines années sont très nombreuses, que cela concerne le domaine des transports, de la distribution et de la consommation d’énergie, ou encore de l’usine du futur". De quoi déclencher des carrières.

2 - Faîtes appel au Crowdfunding

Loisirs, thèses, humanitaire... : le financement participatif est répandu dans tous les domaines d'activité. Il gagne aujourd'hui les start-up.

Pour pallier la frilosité des banques à financer des entreprises dans les phases d'amorçage, deux entrepreneurs toulousains ont crée Wiseed, la première plateforme française de crowdfunding, en 2008.

Pour pouvoir être financées, les entreprises sont d'abord sélectionnées selon les critères suivants :
  • Leur impact sociétal
  • Leur âge : elles doivent avoir été créées depuis moins de 8 ans
  • Leur avancement : l'équipe doit être constituée et doit prouver la faisabilité du concept

Avec Wiseed, 75 % des start-up accompagnées réussissent" Nicolas Sérès, fondateur de Wiseed





"En moyenne, le taux de survie des nouvelles entreprises à 5 ans, s'élève à 50 %" rappelle Nicolas Sérès, un des deux fondateurs. "Avec Wiseed, 75 % des start-up accompagnées réussissent" ajoute-t-il. 

Être financé par Wiseed est une première garantie de réussite. Cela signifie qu'une communauté d'investisseurs estime l'idée bonne et surtout qu'elle croit en sa réussite.

A Toulouse, la start-up de soutien scolaire en ligne SchoolMouv fait appel aux investisseurs sur Wiseed :

"Les internautes doivent avoir une perspective de sortie" explique Wiseed. "Dans les 5 ans suivant le financement, la start-up doit-être rachetée par un industriel. Les investisseurs obtiennent donc un retour sur investissement".

Depuis 2008 et le lancement de cette première plateforme de financement participatif, 45 start-up ont été financées par plus de 30 000 membres pour un total de 10 millions d'euros levés

Sur ces 45 entreprises :
  • 1 a réalisé une "sortie positive" : Antabio, entreprise biomédicale de recherche de molécules a été rachetée seulement 18 mois après son lancement et a offert aux investisseurs un rendement de 45 %
  • 3 ont coulé
  • 41 autres vivent encore

3 - Décrochez un prêt d'honneur

La police nationale, Thalès, Auchan, Intersport... InteropSys compte déjà parmi ses clients tous ces grands noms. InteropSys est une toute jeune entreprise toulousaine créée en avril 2013 qui développe des logiciels sur mesure.

Pour se lancer, Aurélien Codet de Boisse et Nicolas Boissel-Dallier, deux ingénieurs et docteurs de l’école des Mines Albi ont d'abord apporté 50 000 € sur leur deniers personnels.

Pour se développer, ils ont bénéficié d'un prêt d'honneur. 130 000 € à taux zéro sans aucune garantie qui leur ont permis d'embaucher un commercial et de financer une partie de l'innovation.



 

Avec les taux zéro, l'ordre est inversé. L'argent est versé au fondateur qui crédite son entreprise dans un second temps.

"Nous rembourserons intégralement ce prêt qu'en cas de réussite" explique par ailleurs Nicolas Boissel-Dallier, un des deux fondateurs. Un réel coup de pouce accordé aux plus innovants.  


4 - L'union fait la force

Avez-vous déjà entendu parlé des clusters ? Si vous êtes directeur d'entreprise certainement. Pour les entrepreneurs en devenir et tous les autres, les clusters sont des groupes d'entreprises qui se réunissent pour conquérir des marchés. Une application classique de l'adage.

"Un cluster qui grossit devient un pôle extrêmement compétitif" explique Gilles Laborde, président du Cluster Primus Défense et Sécurité en Midi-Pyrénées. "On apprend ensemble à éviter les risques, on est plus efficace sur les marchés étrangers et on développe ainsi des produits innovants" détaille-t-il.

Pour Gilles Laborde, il est inconcevable aujourd'hui de se lancer seul, sans rejoindre un cluster.

En France, 60.000 entreprises regroupant plus d'un million d'emplois sont membres de clusters. A peine 2 % du nombre d'entreprises rencensées par l'Insee.

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