Coronavirus : le Stade Toulousain dans le rouge

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Écrit par Serge Djian
CHESLIN KOLBE arrière du Stade et champion du monde avec l'Afrique du Sud
CHESLIN KOLBE arrière du Stade et champion du monde avec l'Afrique du Sud © XAVIER DE FENOYL/MAXPPP

La crise sanitaire se double d’une crise économique y compris dans le sport. Neuf clubs du Top 14 de rugby dont Castres et Toulouse sont en difficultés financières. Les rouges et noirs résistent face au vent mais des incertitudes planent sur leur avenir économique et sportif.

La saison 2019-2020 de Top 14 pourra-t-elle se terminer un jour ? L’actualité n’incite pas à l’optimisme.

Jusque-là deux scénarios de reprise avait été imaginés. Le projet de disputer les phases finales du Top 14 fin juillet est abandonné.
Seul un éventuel retour au stade au mois août reste à l’étude. Un calendrier sportif battu en brèche par le corps médical. Explications.

Selon Eurosport, ce mardi matin lors d’une visioconférence entre les présidents des clubs professionnels, les médecins du rugby professionnel affirment qu’en l’absence de tests de dépistage du coronavirus, toute reprise est impensable!
Selon eux, un joueur contaminé s’exposerait potentiellement à un incident cardiaque en cas de reprise intensive de l’entraînement.

Dans ce contexte, Didier Lacroix, président du Stade Toulousain, demande d’annoncer dès maintenant la fin du championnat. Ce que refuse Paul Goze, président de la Ligue nationale de rugby, face à l’évolution régulière de la situation.
Une chose est sûre, le coronavirus empoisonne toute l’économie du rugby sans exception. Les grosses cylindrées du rugby français comme le Stade Français, Montpellier, le Racing, sont touchées mais leur actionnaire pourra amortir le choc. Pour le Stade Toulousain, la situation n’est pas la même. Aucun mécène n’est garant du club. Pas de match, pas de rentrée d’argent.
 

Les joueurs au chômage partiel

Le Stade Toulousain emploie au total 150 salariés. Premier poste de dépense, les salaires des joueurs. Cette masse salariale représente environ les trois-quarts des dépenses d’un club de Top 14. Nous apprenons ce mardi que les joueurs sont au chômage partiel depuis le début du confinement.

      
Le 27 mars dernier, Didier Lacroix, président du Stade Toulousain, détaillait dans les colonnes du quotidien économique La Tribune, le manque à gagner actuel : « Un match de Top 14 c’est selon le match, entre 250 000 et 350 000 euros de valeur nette. Un quart-de- finale de coupe d’Europe, comme il était programmé le 5 avril, se trouve autour de 850 000 euros. »

Questionné sur le soutien de ses partenaires majeurs, Airbus, Peugeot et Fiducial le président du Stade Toulousain fait preuve de bon sens. Il s’attend à ce que les budgets de sponsoring soient affectés par la crise, car non prioritaires. Didier Lacroix rassure, le club ne disparaitra pas de la carte pour des raisons économiques.
 

Aujourd’hui le match se joue en coulisse. Les joueurs ne sont plus les protagonistes. Dirigeants, comptables, sponsors, banquiers, Ligue nationale du rugby, les différents acteurs se mettent autour de la table pour trouver des solutions.

Droits tv suspendus

Contacté ce mardi matin, la Ligue nationale de rugby, attend de connaitre précisément le plan de déconfinement  mis en place par l’Etat, pour prendre des décisions sur le calendrier sportif. La réponse définitive devrait tomber fin avril.

Pour les clubs pros il faut sortir du flou pour s’adapter, débloquer des fonds et anticiper vers de nouveaux équilibres financiers. Avec 37 millions d’euros de budget, le Stade Toulousain, pointe à la deuxième place derrière le Stade Français, pour l’exercice 2019-2020. Ce budget repose sur la billetterie, les partenaires et les droits télés. Des droits actuellement suspendus par Canal +  seront en partie perdus si la saison de Top 14 ne pouvait pas se terminer.
 

Un an après avoir soulevé le bouclier de Brennus, les rouges et noirs sont dans la tourmente. Les années après un sacre de champion de France, sont réputées pour être difficiles. En voici un nouvel exemple. Cette fois-ci pour des raisons extra-sportives totalement inattendues.

Plus globalement, le ministère des sports estimait début avril que la perte pour le secteur risque de s’élever à 25% sur l’année 2020. 19, 4 milliards d’euros sur un chiffre d’affaires évalué à 77,7 milliards pour les 112 000 entreprises du sport en France (selon une étude de la banque BPCE).
 

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