Covid : retards de livraisons et timides débuts de la campagne de vaccination par les généralistes près de Toulouse

Pour les patients de 50 à 64 ans, avec comorbidités, ce 25 février marque le lancement de la campagne de vaccination contre le Covid-19 chez les médecins généralistes. Enfin en théorie. Dans les faits, un retard de livraisons du vaccin a obligé de nombreux médecins à reporter les premières piqûres.

Plusieurs pharmacies, comme celle-ci, n'ont pas reçu les doses de vaccin prévues.
Plusieurs pharmacies, comme celle-ci, n'ont pas reçu les doses de vaccin prévues. © E. Foissac / FTV

"On a eu un petit retard. On devait être livré normalement ce matin mais finalement, on ne commencera la vaccination que demain ..." Jérôme Marty, médecin généraliste à Fronton (Haute-Garonne) et président du syndicat de l'Union Française pour une Médecine Libre (UFMLS) avait prévu de vacciner 10 patients avec le vaccin Astra Zeneca ce jeudi mais son flacon de 10 doses n'est pas arrivé.

"La pharmacie avec qui on travaille a eu un retard dû à son grossiste-répartiteur qui lui-même a vécu un problème sur sa chaîne du froid" explique-t-il, "ça a occasionné un tour de vérification supplémentaire et a ralenti de quelques heures la livraison". Le généraliste a reporté ses vaccinations de 24 heures. 

A quelques dizaines de kilomètres de là, à Saint-Orens, près de Toulouse, c'est de plusieurs jours que les vaccinations ont été reportées ce jeudi pour quatre médecins d'un même cabinet médical. Le pharmacien qui devait les fournir ne les a pas reçues mercredi comme prévu. "Le problème, c'est que les médecins ont dû s'organiser pour sélectionner 10 patients et du fait du retard, ils ont dû annuler ces plages de vaccination et les reporter à une date ultérieure en fonction des disponibilités de leur patientèle et des leurs" explique Jean-Christophe Tayac, pharmacien. Il déplore aujourd'hui de ne pas pouvoir pratiquer lui aussi ces vaccinations.

Cela aurait été plus simple que nous aussi on puisse vacciner. Ce serait plus simple qu'à un moment donné, on ait le droit de vacciner. Cela éviterait d'avoir 40 vaccins qui vont attendre au réfrigérateur une semaine de plus.

Jean-Christophe Tayac, pharmacien à Saint-Orens

Inquiétudes sur les capacités vaccinales 

Les pharmaciens réclament le droit de vacciner contre le Covid, comme ils le font déjà pour la grippe. Le ministère de la Santé dira la semaine prochaine, s'il les autorise à le faire. En attendant, le docteur Marty s'inquiète de l'approvisionnement pour les semaines à venir et du retard que pourrait prendre cette nouvelle campagne de vaccination. 

D'abord, on a connu les retards pour Pfizer, les centres de vaccination ont fonctionné à flux tendu en matériel vaccinal. Là, on a du variant anglais avec des poussées très importantes en région PACA, dans la région de Dunkerque et du variant sud-africain en Moselle. On a vu qu'on va orienter davantage de doses Astra Zeneca vers ces régions-là. Or, ces doses sont prises sur le pot commun. Et on vient d'apprendre qu'Astra Zeneca annonce ne plus pouvoir fournir que 50 % de ce qui était prévu donc on craint d'avoir une pénurie demain.

Jérôme Marty, médecin généraliste et président de l'UFMLS

D'après ses calculs, les patients âgés de 50 à 64 ans avec comorbidités représentent en moyenne 60 à 80 patients à vacciner par médecin généraliste. Une pénurie de doses entraînerait forcément un allongement de cette campagne de vaccination.
 

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