Covid : selon cette étude du CHU de Toulouse, 70 % des personnes passées par un service de réanimation voient leur qualité de vie altérée

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Deux ans après le début de la pandémie, deux médecins du CHU de Toulouse se sont penchées sur les effets du covid long. Selon cette étude, seuls 10 à 30 % des patients passés par un service de réanimation auraient retrouvé une vie normale, tout du moins comparable à avant leur hospitalisation.

Elles ont voulu comprendre l'impact d'un séjour en réanimation pour cause de Covid sur la qualité de vie des patients. Respectivement doctorante et médecin CHU de Toulouse, Alizée Assad et Fanny Bounes ont accompagné des patients en service de réanimation en pleine période de pandémie. Objet d'étude de sa thèse, Alizée Assad a travaillé sur le devenir de ces patients.

Fatigue, douleurs persistantes... et altération de qualité de vie

"On a recontacté des patients qui étaient passés par notre service, entre trois et six mois après leur hospitalisation, explique la docteure Fanny Bounes. On leur a soumis des questionnaires, via un logiciel, pour connaître leur état de santé physique et psychologique". 

L'étude porte sur 52 personnes, parmi les 94 patients sortis vivants de réanimation à Toulouse entre mars et octobre 2020. Six mois après leur séjour en réanimation, 75 % des patients rapportent des symptômes de syndrome post-covid. "Cela se traduit par des douleurs musculaires et au niveau des articulations de manière chronique, détaille Fanny Bounes. Alizée Assad poursuit : "On peut l'expliquer par leur position allongée ou sur le ventre pendant la durée de leur réanimation". 

Plus généralement, le Covid long se traduit par de la fatigue, des douleurs persistantes, aux muscles et aux articulations donc. Fanny Bounes explique : "Sept personnes sur dix ont connu une altération de leur qualité de vie, certains n'arrivent plus à faire des activités qu'ils faisaient auparavant, n'ont pas pu reprendre leur travail". 

Des signes de dépression

Mais outre l'état de santé physique, c'est également l'aspect psychologique qui a été traité par cette étude. En effet, 70 % des personnes montrent des signes de dépression. Dès lors, le CHU de Toulouse tente d'organiser un suivi sur la durée. Contrairement aux pays du nord, le suivi pour des personnes ayant vécu en service de réanimation n'est pas obligatoire en France.