Covid : un test de salive à faire soi-même proposé par une entreprise de Toulouse

L’entreprise toulousaine Axiotis propose un test de salive à faire chez soi. Selon son directeur on peut savoir en 48 heures si l’on est positif ou non à la Covid-19.
 

La salive est déposée sur une carte FTA similaire à celle ci-dessus utilisée lors des prélèvements d'ADN par la police scientifique
La salive est déposée sur une carte FTA similaire à celle ci-dessus utilisée lors des prélèvements d'ADN par la police scientifique © P-F Colombier AFP
"C’est le même test PCR que ceux qui sont pratiqués dans le monde entier", explique Pierre Ropiquet.
"Ce qui change c’est qu’au lieu de faire un prélèvement nasopharyngé, on prélève de la salive", dit le responsable de la société Axiotis.
Cette entreprise toulousaine propose donc un test salivaire pour la Covid-19 et qui peut donner des résultats en 48 heures.

Un test à faire chez soi

Le principe est simple : "tout le monde peut commander et s’auto-prélever", dit Pierre Ropiquet.
Le matériel est envoyé dans les 24 heures.
Voici le contenu du kit :Le particulier renvoie son échantillon et Axiotis s’engage à l’analyser en 24 heures. Les résultats sont envoyés par mail.
 

Il n’y a pas de consignes particulières, il suffit de récupérer un peu de salive et de la déposer sur une carte FTA (une sorte de buvard, NDLR). Ce sont ces cartes qui sont utilisées par la police scientifique sur les scènes de crime.

Pierre Ropiquet, directeur Axiotis



Le directeur de la société Axiotis explique qu'une fois la salive déposée sur cette fameuse carte FTA la chimie fait son oeuvre. Toutes les cellules des bactéries sont détruites. En revanche l’ARN (acide ribonucléique) est prisonnière des fibres de la carte et se stabilise pendant plusieurs semaines (si besoin) à température ambiante.
Les prélèvements nasopharyngés eux doivent être stockés et transportés à une température de +4 degrés.

Pas de remboursement

Le fondateur de la société Axiotis explique que ce test est proposé par son entreprise depuis fin avril début mai mais que jusqu’ici il n’y avait pas eu de communication. Il avait besoin de pouvoir contre-tester le dispositif. Il fallait trouver des sujets et depuis l’arrivée de la deuxième vague de l’épidémie à Toulouse, les personnes positives sont nombreuses. Une quinzaine de personnes déclarées positives avec le prélèvement nasopharyngés ont été testées avec un prélèvement de salive et les résultats sont identiques.

Pour l’instant ce test n’est pas remboursé, il faudrait qu’il soit validé par les autorités sanitaires. Le test nasopharyngé reste le seul recommandé par le ministère de la santé.
"Le but est de vendre la licence et le savoir-faire, explique Pierre Ropiquet car on ne pourra pas faire toutes les analyses."

Moins de retards déjà dans les laboratoires et les Drive

Contacté par France 3 Occitanie Richard Fabre président de l'URPS (Union régionale des professionnels de santé) des biologistes d’Occitanie estime que cette solution proposée par Axiotis n’est pas nouvelle et que cela ne va pas régler le problème du dépistage de masse.
 

Dans les labos à Toulouse on a récupéré notre retard. On rend désormais les résultats en 24 à 48 heures.

Richard Fabre, président URPS des biologistes d'Occitanie


"On a augmenté nos capacités analytiques, précise Richard Fabre. On a acheté des machines et on a beaucoup recruté notamment en secrétariat donc ça roule et il y a un baisse d’activité dans les drive d’environ 20% par rapport à il y a une dizaine de jours".
 

Des résultats en 30 minutes avec les tests antigéniques

Vendredi la HAS (Haute Autorité de Santé) a donné son feu vert à un troisième type de tests, les tests antigéniques pour ceux qui ont des symptômes.
Les tests antigéniques sont "rapides" et "donnent un résultat en 20 à 30 minutes", a expliqué la Pr Le Guludec, présidente du Collège de la Haute autorité de santé (HAS). "Un cas détecté plus vite permettra de prendre des mesures pour réduire le risque de contaminer d'autres personnes". Comme les tests RT-PCR actuels, les tests antigéniques sont réalisés à partir de prélèvements dans les narines (naso-pharyngés), par écouvillon. Mais contrairement aux RT-PCR, ils ne nécessitent pas d'analyse en laboratoire, car leur mécanisme est plus simple. Les premiers détectent le matériel génétique du coronavirus, alors que les seconds repèrent des protéines du virus.
  
 
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