Débat sur le prix de l'eau. Un tarif plus élevé l'été à Toulouse étudié afin de pénaliser les gros consommateurs

L'idée a été avancée par le maire de Toulouse (Haute-Garonne), Jean-Luc Moudenc, à l'occasion de la COP Occitanie. Ce jeudi 7 décembre 2023, celui qui est aussi président de Toulouse Métropole a détaillé son projet à l'occasion d'une conférence. Au sein du conseil, l'idée divise.

"Face à la sécheresse, il faut qu'il y ait une prise de conscience", avance Jean-Luc Moudenc. Le président de Toulouse Métropole veut être parmi les premiers à mettre en place le plan de sobriété de l'usage de l'eau, souhaité par Emmanuel Macron à horizon 2030. 

Cette prise de conscience, pour l'édile toulousain, elle ne doit "pas seulement venir des institutions, mais aussi des citoyens." D'où son idée de faire évoluer le tarif de l'eau en fonction de la saison, comme nous vous en parlions sur notre site il y a quelques jours.

Tarification "progressive", une fausse bonne idée

Une tarification saisonnière, ce serait une première. Pour Robert Medina, vice président de Toulouse Métropole en charge de l'eau, c'est le seul moyen de concilier sobriété et équité, contrairement à d'autres méthodes, comme la tarification progressive (plus la consommation est élevée, plus le prix du m3 est élevé), testée à Bordeaux.

"A Toulouse 70 % des habitants vivent dans des logements collectifs, avec un seul compteur d'eau, explique Robert Medina. Si on appliquait une tarification progressive, tous les habitants d'un même logement seraient pénalisés. Donc, on a éliminé cette idée."

Cinq mois de sécheresse

La tarification saisonnière serait alignée sur les périodes de sécheresse relevées ces dernières années à Toulouse. "Nous manquons d'eau cinq mois dans l'année, explique Robert Médina. C'est entre juin et octobre. Le reste du temps, nous consommons 1% du débit d'étiage de la Garonne."

Ainsi, les tarifs pourraient varier de +40% entre juin et octobre à -30% entre novembre et mai. "Ce sont ceux qui consomment le plus en été, les propriétaires de piscine par exemple, qui paieront plus cher. Un foyer qui ne change pas sa consommation, où qui tend à la diminuer, ne sera pas perdant."

Un impact réel sur la consommation ?

Pour certains élus d'opposition, qui déplorent d'avoir appris la nouvelle par voie de presse, cette tarification saisonnière a des failles.

Pour Thomas Karmann, co-président du groupe Métropole écologiste citoyenne et solidaire, "de prime abord, elle peut avoir un intérêt. Mais le risque, c'est de penser uniquement à ne pas augmenter sa consommation en été, plutôt que de la réduire de façon générale. Car les périodes de sécheresses vont aller en s'accentuant".

Pour Thomas Karmann, il manque aussi un aspect social. "On aimerait travailler sur la gratuité des premiers m3 d'eau. Ceux qui servent à des besoins essentiels, comme boire, se laver... Il faut les différencier des m3 qui servent aux piscines ou à laver sa voiture."

La mise en place de la tarification saisonnière pourrait se faire dès l'été prochain.

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