Fin de la gratuité des premiers dimanches de chaque mois, hausse de prix : ce qui change pour les musées de Toulouse

C'est officiel, le prix des musées de Toulouse augmentera au 1er septembre 2023, et la gratuité des musées le premier dimanche de chaque mois prendra fin pendant 4 mois, de mai à août. Pierre Esplugas, adjoint au maire, fait le point sur ce qui change avec cette nouvelle réforme.

Ce n’est plus un bruit de couloir, le prix des musées et monuments toulousains va augmenter, et la gratuité des musées le premier dimanche de chaque mois est supprimée 4 mois sur 12 mois. Une décision qui n’était pas encore officielle et qui avait pourtant crispé l’opposition de Toulouse Métropole.

Nouveaux tarifs

Agathe Roby, élue insoumise, nous l’indiquait la semaine dernière "Ils augmenteront en moyenne de 30%". Et elle ne s’était pas trompée. L’élu en charge des musées, Pierre Espuglas, revient en détails sur cette nouvelle tarification qui concerne l’ensemble des musées municipaux toulousains, qui entrera en vigueur dès le 1er septembre 2023.

Il existera un double tarif, en fonction de la taille de l’établissement et de la période :

  • En période d’exposition permanente : 9 euros (5 euros pour les tarifs réduits)
  • En période d’exposition temporaire : 12 euros (8 euros pour les tarifs réduits)

Sont concernés par cette augmentation, les grands établissementsà savoir le musée des Augustins et le Museum d'histoire naturelle.

Pour les autres musées (le musée Saint-Raymond, les Jacobin, le Quai des Savoirs, etc) :

  • En période d’exposition permanente : 5 euros (3 euros pour les tarifs réduits)
  • En période d’exposition temporaire : 9 euros (5 euros pour les tarifs réduits)

Cependant, pour l’Aeroscopia, l’Envol des pionniers, fondation Bemberg, la Cité de l’Espace, les prix restent inchangés.

Une autre nouveauté vient s’ajouter et elle concerne la gratuité. "Comme nous avons le souci d’être inclusif, les personnes bénéficiaires de minima sociaux bénéficieront aussi de l’accès gratuit aux musées", déclare Pierre Espuglas. Elle s’ajoute à la gratuité pour les enfants de moins de 6 ans et pour les personnes en situation de handicap.

Des tarifs "raisonnables"

Pour justifier cette augmentation, Pierre Espuglas argumente : "Il faut savoir qu’avant cette réforme, les tarifs pratiqués par les musées et monuments toulousains étaient très peu lisibles. L’objectif est de présenter une politique tarifaire lisible par tous. Le deuxième objectif est de permettre la pérennité et le développement des musées et monuments toulousains. Leur entretien a un certain coût : on évalue à 85 millions d’euros depuis 2014 jusqu’à 2022 les investissements consacrés aux musées et monuments toulousains et il faut faire en sorte d’assumer ce coût. Le troisième objectif est de créer des tarifs raisonnables pour tous et permettant l’accès à la culture pour tous."

Si pour l’élu, ce nouveau tarif est correct, Agathe Roby n’est pas vraiment de cet avis. "30% d’augmentation, c'est énorme, les gens vont moins avoir envie d’y aller", explique-t-elle.

Fin de la gratuité du premier dimanche de chaque mois 4 mois sur 12

Dans cette réforme qui concerne les musées, un volet concerne la gratuité tous premiers dimanches de chaque mois. De mai à septembre, là où l’activité touristique est la plus élevée, cette gratuité ne sera plus. "Au vu de la fréquentation touristique de Toulouse entre le mois de mai et le mois d’aout (4 mois) et de faire participer les touristes au financement des musées toulousains", explique l’élu en charge des musées. Il explique ce choix après avoir fait une étude comparative avec d’autres villes françaises et autres monuments nationaux. "Nous nous sommes aperçus que la plupart des monuments nationaux et beaucoup de villes françaises, avaient déjà remis en causes, toute l’année ou de manière partielle, cette gratuité."

"C’est la double peine pour les Toulousains qui n’ont pas les moyens de partir en vacances"

Pour Agathe Roby, "supprimer cette gratuité, c’est fermer l’accès à beaucoup de famille. Je connais beaucoup de familles avec trois enfants, qui me disent que c’est la seule fois où ils peuvent y aller. C’est un service public, nous nous devons de garantir la gratuité" explique-t-elle. Pour elle, "c’est la double peine pour les Toulousains qui n’ont pas les moyens de partir en vacances. Leur permettre l’accès à la culture, c’est la moindre des choses", fustige-t-elle. Elle avait pourtant proposé une solution : faire payer les touristes, mais garantir un accès gratuit pour les Toulousains. Solution que Pierre Espuglas n’a pas adoptée. Pour lui, "contrairement à ce qu’on pourrait penser, il n’y avait pas forcément d’effet d’aubaine par rapport à la gratuité des premiers dimanches, la fréquentation n’était pas nécessairement différente des autres dimanches."