A Gardouch au sud de Toulouse, le chien handicapé d'un refuge obtient une prothèse de patte grâce à un orthopédiste

Raymond n'a que trois pattes. Il a été amputé avant son arrivée dans un refuge de la commune de Gardouch. Un appel lancé sur les réseaux sociaux a permis à ce chien de rencontrer un orthopédiste prêt à relever le défi. Il est en train de lui fabriquer une prothèse, depuis son cabinet, à Gardouch.

Raymond devrait pouvoir de nouveau courir en toute liberté grâce à une prothèse de patte sur mesure.
Raymond devrait pouvoir de nouveau courir en toute liberté grâce à une prothèse de patte sur mesure. © La cour des miracles
Raymond a été renversé par une voiture et amputé de sa patte avant gauche avant d'être abandonné. A l'époque, il s'appelait Tyson. Consciente qu'aucune famille ne risque d'adopter ce vieux chien handicapé, la SPA de Perpignan le sauve en le confiant au refuge de La cour des miracles à Gardouch, au sud est de Toulouse. Véritable maison de retraite pour animaux, La cour des miracles s'occupe d'une vingtaine de chiens âgés et malades qui ont été abandonnés. Les deux femmes à l'origine de ce refuge s'en occupent jusqu'à la fin de leur vie. Sur les réseaux sociaux, elles sont très actives et postent régulièrement des photos drôles et touchantes de leurs bêtes poilues à quatre pattes (sauf Raymond...). 
 
"Il a une rage de vivre impressionnante, il s’entend avec tous les chiens" raconte Isabelle, l'une des deux propriétaires du refuge et ancienne assistante vétérinaire. Elle explique l'avoir sauvé en lui faisant prendre du poids avec des sardines "très riche en Oméga 3". Sur Facebook, les internautes solidaires envoient très régulièrement des boites de sardines à l'association. Il y a deux semaines, Isabelle tombe sur la photo d'une orthèse sur Facebook, et demande alors aux abonnés de sa page de partir à la recherche de ce genre de prothèse.
 

Initiative d'une stagiaire en orthopédie


La cour de miracles comprend que la prothèse est fabriquée aux Etats-Unis, en Virginie, mais espère trouver un équivalent en France. La suite de l'histoire a été rendue possible grâce à une stagiaire en orthopédie. Le hasard (ou le destin) a fait qu'elle travaille dans un cabinet dans la petite commune où vit Raymond (à 500 mètres!). Avant de commencer son stage, Thimery Taupotini avait précisé à Cyril Leroy, son employeur, qu'elle était davantage intéressée par l'orthopédie animale. Dès qu'elle a vu la publication Facebook d'Isabelle, elle a proposé à Cyril de relever le défi ensemble.

C'est ainsi que dans la journée où elle a publié son post, Isabelle a reçu un coup de téléphone de Cyril. "Un vrai miracle a eu lieu" constate-t-elle. Cyril s'est rendu à la Cour de miracles dès le lendemain. Raymond et Cyril "sont devenus hyper copains, hyper complices" se réjouit Isabelle.

Une prothèse sur mesure rare


Cyril Leroy ne traitait que des demandes d'humains jusqu'à maintenant. Pour lui, cette prothèse de patte est une première. "Ca n'existe pas forcément en France, on avait trouvé que des orthèses pour petits chiens ou des chariots" rapporte Isabelle. Cyril l'explique : 

La demande est plus compliquée : un animal ça bouge et il y a une déformation quand il est debout qu’on ne connait pas anatomiquement. On ne sait pas quelles compensations il a quand il lui manque une patte. Et on ne peut pas avoir le ressenti du chien puisqu'il ne parle pas !

L'orthopédiste et la stagiaire se sont rendus deux fois au refuge. La première pour faire le scanner 3D de l'animal, et la deuxième pour faire le moulage du torse afin que sa nouvelle patte colle parfaitement. "La base sera fixée par des sangles sur le torse du chien", précise l'orthopédiste. "Et au bout on mettra une lame en nylon comme celles qu'utilisent les coureurs handicapés".
 
Désormais, il ne reste plus qu'à attendre l'impression 3D de la prothèse : elle dure environ 15 heures. "On voudrait faire les premiers essais samedi prochain" explique Cyril qui travaille bénévolement sur ce patient particulier. Si les essais sont concluants, l'orthopédiste ne compte pas s'arrêter là : "on essaiera par la suite de lui fabriquer une prothèse articulée cette fois".
 

Et pour la suite ?


Si l'orthèse fonctionne correctement, Cyril Leroy compte bien developper son activité en proposant ses services pour des animaux. Une nouveauté pour cet orthopédiste aux 15 années d'expérience. 

Quand au refuge, il accueillera un nouvelle et dernière habitante à la fin du mois prochain : Elisabeth. La cour des miracles se retrouve au complet. "Mais quand les animaux sont suffisamment jeunes pour avoir une nouvelle vie dans une famille on encourage à les confier à d'autres associations" précise Isabelle.

Pour suivre l'évolution de Raymond et de tous les autres chiens retraités de La cour des miracles, il suffit de se rendre sur la page Facebook (très active) du refuge. 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
animaux nature solidarité société santé
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter