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Le gaspillage alimentaire n'est plus une fatalité pour certaines entreprises

© Patrick Pleul / DPA / AFP
© Patrick Pleul / DPA / AFP

Aujourd'hui, 10 % du gaspillage alimentaire provient des commerces et de la distribution. Rien dans la loi ne les oblige à redistribuer les invendus. Mais grâce à des applications ou des sociétés spécialisées, certaines entreprises ont développé la redistribution par le don ou la vente soldée.

Par Delphine Gerard

10 millions de tonnes. C'est la quantité de déchets alimentaires produits chaque année en France. Chaque personne jette 20 à 30 kg d'aliments par an dans notre pays.

Les entreprises du commerce et de la distribution représentent 10% de ce gaspillage. Elles n'ont aujourd'hui aucune obligation légale en matière de distribution des invendus ou des produits en fin de vie. Voici des bons exemples, alors que se tient actuellement la Semaine européenne du développement durable. 

Du poisson sauvé des poubelles

A la Poissonnerie du Bonheur, dans le quartier Saint-Cyprien à Toulouse, on n'a jamais aimé jeter de la nourriture encore consommable. Avant, elle était donnée aux salariés ou aux sans-abris. 
Mais depuis l'an dernier, le magasin s'est inscrit sur l'application "TooGoodToGo". Dès qu'il a des produits qui s'approchent de la date limite de consommation, le commerçant les conditionne en lots et les met en vente plusieurs fois par semaine via cette application, à un prix 3 fois moindre.

"Cela permet de minimiser les pertes, pour un consommateur qui ne pourrait se payer un panier à 12 euros normalement. " Ici, les lots sont mis en vente à 4 euros, dont 3 euros reviennent au commerçant. Une cinquantaine de lots est écoulé chaque semaine.
Pour Emilie, une cliente connectée, cela permet de lutter contre le gaspillage et de manger des produits frais et variés. Un engagement, avec un intérêt économique et environnemental.
Aujourd'hui, 103 commerçants sont inscrits sur l'application TooGoodToGo, qui a permis de redistribuer 25 000 repas, grâce à 7000 utilisateurs sur la ville rose.

Donner ses invendus aux associations

D'autres entreprises s'investissent dans le don aux associations. Les cafés Merling, basés à Montrabé, travaillent avec une société partenaire depuis plus d'un an. Phénix est spécialisée dans la gestion des déchets. Une sorte de coach anti-gaspillage. Elle organise pour l'entreprise la collecte quotidienne par des associations des produits frais et secs, qui ne sont plus commercialisables car trop proches de la date de péremption. Mais encore propres à la consommation : ils seront donnés à des associations caritatives.

L'économie est significative : plus d'une tonne de produits donnés aux associations depuis le début de l'année, soit l'équivalent de près de 3200 repas. Pour l'entreprise, 60% de la valeur d'achat du produits peut être déduit des impôts. 

Une initiative qui va dans le sens du pacte contre le gaspillage alimentaire, lancé par l'Etat en 2013.
Objectif : baisser de 50% ce type de déchets, en favorisant notamment le don aux associations.

Le reportage de Delphine Gérard et Marc Raturat :




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