Gilets Jaunes : ces cinq images qui symbolisent la mobilisation dans la ville de Toulouse

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Écrit par Sylvain Duchampt
Manifestation des Gilets Jaunes devant le Capitole de Toulouse (Haute-Garonne), le 5 janvier 2019.
Manifestation des Gilets Jaunes devant le Capitole de Toulouse (Haute-Garonne), le 5 janvier 2019. © PASCAL PAVANI / AFP

Les Gilets Jaunes sont nés il y a trois ans, en novembre 2018. En raison de l'importance de ses manifestations, Toulouse (Haute-Garonne) fut un temps présentée comme "la capitale" du mouvement. Voici cinq images fortes de cette mobilisation sociale dans la ville rose.

Toulouse (Haute-Garonne) fut une place-forte du mouvement des Gilets Jaunes. Au cours de la quarantaine de samedis successifs au cours desquels ils défilaient dans les rues de la ville rose, avant d'être interrompus par la crise du Covid, le nombre de manifestants faisait à chaque fois partie des plus importantes de France.

Les ronds-points

C'est le lieu où tout a commencé. À partir du 17 novembre 2018, la mobilisation des Gilets Jaunes s'organise sur les ronds-points. Des lieux qui réunissent des habitants des zones rurales et périurbaines afin d'interpeller le pouvoir sur leur niveau de vie de plus en plus réduit.

La hausse de la fiscalité des carburants est l'élément déclencheur, mais très rapidement le sentiment d'être délaissé et la défiance vis-à-vis de la classe politique et des corps intermédiaires vont s'y exprimer.

Une organisation horizontale et décentralisée

Tout au long de leur mobilisation, les Gilets Jaunes ont mis en place une organisation inédite. Lancé tout d'abord sur les réseaux sociaux, le mouvement va regrouper des franges de la population n'ayant pas l'habitude de défiler dans les rues. Au contraire des partis politiques, des syndicats et des associations, n'est pas structuré. 

L'idée d'un représentant ou d'un porte-parole est rejetée - même si certaines figures ont émergé comme Éric Drouet, Priscillia Ludosky, Maxime Nicolle. À Toulouse, Benjamin Cauchy, jeune cadre de 38 ans, truste le devant de la scène médiatique quelques jours avant qu'il ne soit rejeté par les Gilets Jaunes de Haute-Garonne en raison de son militantisme d'extrême-droite. 

Sans véritable légitimité, l'ancien élu de Debout la France et actuel soutien d'Eric Zemmour continue à se revendiquer comme le porte-voix du mouvement.

Des revendications sociales

Les revendications sociales des Gilets Jaunes se lisaient sur les pancartes des manifestations. La baisse des prix des carburants à la pompe, après notamment l'augmentation de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE), est l'une des premières revendications du mouvement. 

Mais il y aussi un appel à plus de démocratie directe et participative à travers le référendum d'initiative citoyenne (RIC), un meilleur contrôle des parlementaires, la création d'assemblées citoyennes tirées au sort ou la reconnaissance du vote blanc. La démission du président de la République, Emmanuel Macron est aussi une autre revendication récurrente dans les cortèges du samedi.

Les affrontements et les dégradations

Très rapidement, les manifestations du samedi sont le théâtre de nombreux affrontements entre forces de l'ordre et manifestants, mais aussi d'importantes dégradations matérielles. Mobiliers urbains, banques, assurances sont détruits, tagués, incendiés à la fin des défilés comme le 8 décembre 2018 à Toulouse (Haute-Garonne). 

De très nombreux policiers ont également été blessés. Selon le parquet de Toulouse, lors du mouvement des Gilets Jaunes, entre 20 et 45 personnes étaient placées en gardes à vue chaque week-end.

En un an, à partir d'octobre 2018, au total, la justice a procédé à 792 interpellations en un an avec 663 gardes à vue et 329 personnes déférées.

Les violences policières

La violence à l'encontre des manifestants atteint un niveau rarement vu. Main arrachée, œil crevé. De nombreux Gilets Jaunes sont blessés en raison de l'utilisation de lanceurs de balle de défense (LBD) et de grenades de désencerclement de la part des forces de l'ordre. 

En avril 2019, L'Observatoire des pratiques policières rend un rapport dénonçant "un dispositif de maintien de l'ordre disproportionné et dangereux pour les libertés publiques" à Toulouse concernant les manifestants, mais aussi les journalistes également visés. 

Lors des cinq premières manifestations dans la ville rose 151 personnes auraient été blessées physiquement selon l'Observatoire des pratiques policières. Soit environ deux fois plus que les chiffres diffusés par la préfecture, à l'époque.

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