Grève des profs : "le tri sélectif, c'est pour les poubelles, pas pour les élèves de collèges", les enseignants mobilisés contre les groupes de niveaux

C'est la 3ème mobilisation des enseignants depuis l'annonce gouvernementale du "choc des savoirs". Entre autres mesures, c'est la mise en place de groupes de niveaux, qui mobilise les enseignants. Ils dénoncent un "tri" des élèves, un tri indigne du service public.

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Des rassemblements étaient annoncés dans tous les départements de l’académie de Toulouse. En Haute-Garonne, c'est à Toulouse qu'une manifestation a réuni plusieurs centaines d'enseignants. Parti de la place du Capitole, le cortège a emprunté les boulevards avant de rejoindre la Bourse du Travail. Tous dénoncent la mise en place de niveaux au collège dès la rentrée prochaine.

"Le choc des savoirs"

En octobre 2023, le gouvernement annonçait une mobilisation générale pour élever le niveau des élèves scolarisés au collège. Parmi les mesures retenues, des groupes de niveaux, en sixième et en cinquième, devraient être mis en place, dès septembre 2024, pour les cours de français et de mathématiques, avec des effectifs réduits pour les groupes les plus fragiles.

"Pas de tri sélectif"

Ces groupes de niveaux sont dénoncés par l'intersyndicale à l'origine du mouvement de grève de ce mardi 2 avril. Les enseignants craignent qu'ils n'accentuent les inégalités entre élèves "forts" et "faibles".

Il y a un vrai mécontentement des enseignants qui ne veulent pas trier les élèves. Des groupes de niveaux, c'est le meilleur moyen d'enfermer des élèves dans l'échec scolaire, leur échec scolaire. 

Pierre Priouret, secrétaire général SNES FSU, représentant de l'intersyndicale

Ces enseignants réclament "un choc des moyens" plutôt "qu'un choc des savoirs", avec des classes à 24 élèves maximum.

Pour exprimer leur malaise face à ce qu'ils appellent "un tri sélectif", ils se sont symboliquement allongés sur la place du Capitole, dénonçant "la mort du service public".

Les enseignants dénoncent également une mesure difficile à mettre en place en raison d'un véritable manque de moyens.

L'intersyndicale évoque un taux de grévistes de 30% dans les collèges. De son côté, l'académie de Toulouse a communiqué sur un taux de 14,6%.