Haute-Garonne : bataille sur la gestion de l'eau entre le syndicat du Muretain et le syndicat du Touch

Une guerre de l'eau se joue à Muret (31) entre deux syndicats. 14 communes souhaitent changer de structure. Un enjeu majeur pour l'avenir des gestionnaires. Des opposants ont manifesté ce mardi 28 septembre en marge de la réunion qui doit entériner ce changement.

Comment vont se partager les compétences en matière de gestion de l'eau potable entre deux syndicats, d'un côté le SAGe (Saudrune-Ariège-Garonne) et le Syndicat Intercommunal des Eaux des Coteaux du Touch (SIECT) ?

Une réunion du Conseil communautaire du Muretain Agglo est prévue ce mardi 28 septembre à Muret. Les délégués vont voter pour ou contre l'attribution de la gestion de l'eau au syndicat SAGe pour 14 communes issues d'un autre syndicat, le SIECT. Elus et citoyens du sud toulousain défenseurs du SIECT ont manifesté leur désaccord.

Deux syndicats s'opposent pour la gestion de l'eau dans 14 communes rurales dont Fonsorbes, qui ont souhaité changer de régie.

 

Deux points de vue qui s'opposent

Selon André Mandement, ces 14 communes représentent la moitié des habitants du SIECT et "ne sont pas proportionnellement représentées au sein de leur syndicat. Il y 12.000 habitants à Fonsorbes et aucun représentant dans le syndicat. Ces communes n'ont donc pas de pouvoir sur le prix de l'eau."

Les communes sont libres de faire ce qu'elles veulent, d'adhérer ou de ne pas adhérer à un syndicat

André Mandement - Président de Muretain Agglo

 

André Mandement relativise l'impact sur les communes restant dans le Syndicat Intercommunal des Eaux des Coteaux du Touch.

Les investissements réalisés par le Syndicat des Eaux du Touch pour son réseau ont été payés avec l'argent du prix de l'eau qui venait majoritairement des habitants des communes sortantes, explique-il. "Il reste le reliquat, la part d'emprunt pour les réseaux qui sera remboursée au syndicat du Touch, cela ne lui coûtera rien. Nous avons prévu une enveloppe de plusieurs millions d'euros pour racheter les tuyaux." 

Frédéric Pasian est maire de Lherm et adhère au syndicat SIECT. Selon lui, les conséquences sur les communes rurales seront importantes. 

"Ma commune héberge la principale usine qui fournit l'essentiel de l'eau aux communes de ce syndicat, y compris celles qui souhaitent quitter le SIECT aujourd'hui. Mais elle dessert également le SIVOM SAGe du Muretain, à l'origine de cette manoeuvre qu'on pourrait qualifier d'OPA hostile. En faisant partir les 14 communes majeures, c'est à dire la moitié des abonnés, ça revient à mettre à mal financièrement le syndicat en le privant de la moitié de ses ressources", déclare-t-il. 

Si les communes les plus peuplées s'en vont, on demandera aux ruraux, aux petites communes d'assurer le financement du syndicat ce qui sera impossible, donc il faudra augmenter le prix de l'eau pour tenter d'y parvenir

Frédéric Pasian - Maire de Lherm (31)

Frédéric Pasian regrette la perte d'équité entre les territoires sur le service public de l'eau et "la métropolisation de notre département où tout est concentré sur Toulouse, Muret et Colomiers. Petit à petit, on met à mal les infrastructures dans les territoires un peu plus ruraux, qui paradoxalement aujourd'hui attirent de plus en plus de monde."

Quelles conséquences sur le prix de l'eau ?

Pour le maire de L'Herm, la baisse du prix de l'eau sur le Muretain Agglo n'est que provisoire. "Lorsque le SAGe aura récupéré les 14 communes, il devra investir massivement, réaliser des réservoirs d'eau, construire une usine d'eau à Saubens et très probablement faire grimper le prix de l'eau sur le secteur", analyse Frédéric Pasian.

Dans ce nouveau montage, il restera sur le Muretain Agglo, la régie directe "Eau de Muret" qui fournit de l'eau à 27.000 habitants, interconnectée aux réseaux du SAGe, selon André Mandement. L'élu est catégorique, "Il y aura une baisse du prix de l'eau, elle sera contractualisée et le 1er janvier 2022, le prix de l'eau pour les communes du périmètre du Muretain Agglo baissera de 17%.

La date d'effet de la nouvelle gestion des 14 communes par le SAGe pourrait débuter le 1er octobre prochain.

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
société politique ruralité