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Jean-Michel Ribes poursuivi par des catholiques pour avoir représenté la pièce "Golgota Picinic"

Poursuivi par une association proche des catholiques traditionalistes, le directeur du théâtre du Rond-Point, Jean-Michel Ribes, est jugé à Paris pour provocation à la haine envers les catholiques pour avoir représenté la pièce "Golgota Picnic" en 2011 à Toulouse et Paris.
17 novembre 2011 : manifestation contre la pièce Golgota Picnic près du théâtre Garonne à Toulouse
17 novembre 2011 : manifestation contre la pièce Golgota Picnic près du théâtre Garonne à Toulouse © ERIC CABANIS / AFP
Lors de ses représentations en France (à Toulouse en novembre 2011 et Paris en décembre 2011) la pièce a opposé les catholiques traditionalistes, qui la jugent blasphématoire et "christianophobe", et les défenseurs de la liberté de création, donnant lieu à des manifestations, notamment dans la ville rose.  Lors de la première au Rond-Point, jouée sans incident le 8 décembre 2011,  quelques  centaines de catholiques avaient manifesté devant le théâtre, protégé par plusieurs centaines de policiers.

Alors qu'il était venu présenter à Nancy un autre spectacle, en mars 2012, Jean-Michel Ribes avait été agressé par deux intégristes catholiques qui lui avaient jeté des excréments au visage. Lors de représentations de la pièce, il avait placardé des affichettes "On ne vous empêche pas de croire, vous ne nous empêcherez pas de penser".

Après les manifestations, le procès.

Vision désenchantée d'une société occidentale consumériste et individualiste, la pièce du dramaturge argentin Rodrigo Garcia met en scène une métaphore de la Cène présentée comme le dernier repas de l'humanité. Le texte avait été publié en novembre 2011 aux Solitaires Intempestifs, dont la responsable est également poursuivie par la plainte de l'Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne (Agrif).

"Il n'y aurait eu que le Christ qui aurait été visé" par la pièce, "nous n'aurions pas poursuivi, car ça ne tombe pas sous le coup de la loi sur la presse", a expliqué l'avocat de l'Agrif, Me Jérôme Triomphe. Chacun était libre d'aller ou pas voir cette pièce, de la lire ou pas, souligne  quant à elle Me Brigitte Richard, avocate de Jean-Michel Ribes et de l'éditrice, "il faut vraiment faire la démarche".

Dans la mesure où "une religion est dans l'espace social, il faut accepter qu'elle soit critiquée", a-t-elle ajouté. Elle souligne qu'il s'agit d'une "oeuvre de fiction", qui bénéficie d'une "protection particulière", abondante jurisprudence à l'appui. Pour l'avocate, l'infraction n'est pas constituée et le propos de ceux qui font ce procès est "d'essayer de réintroduire le délit de blasphème".

Ce dont se défend son contradicteur : "On ne confond pas le blasphème avec la provocation explicite à la haine et à la violence envers les disciples de la religion chrétienne".
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