L'affaire Jon Anza classée sans suite, selon les avocats de la famille

 5000 militants basques avaient manifesté à Saint-Jean-de-Luz le 17 avril 2010 pour demander des éclaircissements sur les circonstances de la mort du militant Jon Anza / © MaxPPP
5000 militants basques avaient manifesté à Saint-Jean-de-Luz le 17 avril 2010 pour demander des éclaircissements sur les circonstances de la mort du militant Jon Anza / © MaxPPP

D'après les deux avocats de la famille de Jon Anza, la juge en charge du dossier vient de rendre une ordonnance de classement sans suite après trois ans d'instruction. Pour la justice, Jon Anza serait décédé de mort naturelle. La famille de Jon Anza a fait appel de cette ordonnance de clôture.

Par Véronique Haudebourg

D'après les deux avocats de la famille de Jon Anza, la juge Myriam Viargues, en charge du dossier, vient de rendre une ordonnance de clôture et de transmission du dossier au parquet pour classement, après trois ans d'instruction, conformément à la demande du parquet de fin janvier 2013

Certes, elle relèverait les dysfonctionnements importants et successifs notamment dans la communication entre les services de Police et du Parquet de Toulouse ayant amené à l’absence d’identification du corps de Jon Anza. Mais elle conclurait à une mot naturelle et classerait le dossier sans suite. 

La famille de Jon Anza a fait appel de cette ordonnance de clôture.

Jon Anza était un militant basque de l'ETA, dont le corps était resté dix mois à la morgue d'un hôpital toulousain avant d'être finalement identifié en mars 2010.

Identifié après 10 mois à la morgue


Jon Anza, 47 ans, atteint d'un cancer, avait disparu le 18 avril 2009 alors qu'il se rendait en train de Bayonne à Toulouse. Il n'avait pas rejoint sa compagne deux jours plus tard, comme convenu, et ne s'était pas non plus présenté à un important rendez-vous médical prévu le 24 avril à Bordeaux. Le 15 mai 2009, sa famille alertait les autorités judiciaires, qui ouvraient une enquête pour disparition inquiétante.

 La trace du militant, avait refait surface le 29 avril, les pompiers prenant en charge un homme victime d'un malaise cardiaque dans une artère très passante du centre-ville de Toulouse. Ce n'est que 10 mois plus tard, en mars 2010, qu'un lien avait été établi entre le corps resté à la morgue et le militant, dont le signalement avait pourtant été transmis aux services de police. Un laps de temps incompréhensible pour la famille du défunt, étant donné l'appartenance de Jon Anza à l'ETA et le battage qui avait suivi sa disparition.

Que s'est-il passé entre le 18 et le 29 avril 2009 ?


Selon le parquet, Jon Anza aurait, pendant ces dix jours d'avril 2009, été pris en charge par d'autres militants qui, pour "ne pas risquer de mettre en péril l'existence du réseau". Ils auraient tardé à le déposer sur la voie publique afin qu'il soit secouru. Une thèse que les avocats de la famille contestent. A l'époque, l'organisation indépendantiste armée basque ETA avait avancé l'hypothèse d'un interrogatoire clandestin de la police espagnole qui aurait mal tourné.


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