L'eau plus chère l'été de 42% : "fausse bonne idée, mesure injuste", la tarification saisonnière crée la polémique

Toulouse (Haute-Garonne) va devenir le 1er juin la première métropole de France à appliquer une tarification saisonnière de l'eau : plus chère en été, moins en hiver. La mesure votée ce jeudi par les élus est loin de faire l'unanimité. Les associations et les partis d'opposition dénoncent un non-sens environnemental et social.

Toulouse (Haute-Garonne) va passer le 1er juin à la tarification saisonnière de l’eau. Le conseil métropolitain a voté la mesure ce jeudi 4 avril 2024. Un texte qui prévoit une hausse de prix pendant l’été mais qui crée la polémique.

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C’est une hausse qui fait déjà beaucoup réagir. Ce jeudi, le conseil de Toulouse Métropole a voté une hausse du prix de l’eau de 42% dès le 1er juin pour la période estivale pour l’ensemble des habitants de la métropole toulousaine. Une mesure pour préserver notre ressource en eau cet été qui ne fait pas l’unanimité. ©Stéphanie Bousquet - Régis Guillon - FTV

Plus chère en été, moins en hiver

Toulouse veut inciter les usagers à consommer moins d'eau. Un point sur lequel tout le monde s'accorde. Mais le maire divers droite et président de Toulouse Métropole, Jean-Luc Moudenc a décidé d'augmenter le prix du mètre cube d’eau de 42 % de juin à octobre, et de le baisser de 30 % du 1er novembre au 31 mai.

"Il faut que les urbains contribuent à la préservation de la ressource en eau au moment où elle est la plus rare", a-t-il déclaré ce mercredi. Ce que je crois c'est qu'à partir du moment où on la fait payer plus cher, ça entraîne naturellement de nouveaux réflexes".

Fausse bonne idée ?

Pour les élus d'opposition à la métropole, cette mesure votée ce jeudi, ne permettra pas d'atteindre l'objectif de 10% d'économie d'eau sur le territoire. Ils demandent une vraie concertation avec tous les acteurs de l'eau pour une tarification plus adaptée.

"Nous ne sommes pas contre la tarification saisonnière mais nous voulons qu'elle soit accompagnée d'une tarification solidaire et environnementale", estime Sophie Boubidi, élue du groupe Métropole Ecologistes Solidaires. "Nous voulons entre autres la mise à disposition gratuite des premiers mètres cube".

"C'est un non-sens"

Pour les associations de défense de l'environnement, économiser l'eau c'est toute l'année. D'ailleurs, la baisse de consommation est déjà là : moins 7% entre 2022 et 2023 et sans augmentation de tarification. Elles dénoncent une injustice, qui va toucher en premier lieu les plus précaires.

C'est un non-sens écologique et social", estime Claude Touchefeu de l'association Eau Secours 31. "Cette mesure ne fait pas la différence entre l'eau vitale et l'eau superflue. L'eau vitale nous en avons tous besoin. C'est donc injuste d'augmenter les prix, et c'est un mauvais signal envoyé que de dire qu'on peut gaspiller l'eau en hiver et la préserver l'été".

Baisse de recettes des opérateurs

Élus d'opposition et associations craignent que cette augmentation "soit destinée à compenser financièrement les groupes Veolia et Suez, déjà touchés par la baisse globale de consommation, qui deviendra inéluctable".

Rappelons qu'en 2022 et 2023, pour faire face à la sécheresse et préserver les ressources en eau, la Préfecture avait mis en place des arrêtés pour interdire certains usages de l'eau en été, comme laver sa voiture, remplir sa piscine ou arroser son jardin. Une mesure qui avait épargné les familles les plus fragiles.