Le maire de Toulouse dit non au prolongement de la ligne B du métro toulousain

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Tout était prêt et pourtant Jean Luc Moudenc vient de mettre un terme au projet de prolongement de la ligne B du métro toulousain. Le maire préfère créer une troisième ligne de métro dans sa ville. Les élus du sud est toulousain ne décolèrent pas.

Par Juliette Meurin

15 millions d'euros ont déja été dépensés pour ce projet mais finalement le prolongement de la ligne B du métro à Toulouse ne se fera pas. Le maire Jean-Luc Moudenc n'y était pas favorable, il vient d'y mettre un terme définitivement.

 

Le prolongement de ligne B c'était quoi ?

A l'origine, le prolongement de la ligne B devait permettre d'amener le métro jusqu'à Labège en créant 5 nouvelles stations après Ramonville. De quoi résorber les embouteillages qui paralysent l'entrée du périphérique au sud de Toulouse.
Une connexion avec la gare SNCF de Labège aurait également permis de faciliter les déplacements de nombreux citoyens en provenance de Languedoc Roussillon. La Gare de Labège dessert en effet les villes de Carcassonne, Narbonne et Castelnaudary.

Le prolongement de la ligne B devait aussi dynamiser le sud est Toulousain qui compte deux parcs d'activités importants non desservis par le métro (Labège et le parc d'activités du Canal à Ramonville).

Les premières études datent de 2001. Depuis le début,environ 15 millions d'euros ont déjà été dépensés. Le coût du prolongement était estimé à 362 millions d'euros. Le Sicoval apportait 141 millions, le département s'était engagé à donner 80 millions, la région 20 millions et l'état 20 millions également, restaient 141 millions à la charge de Tisséo SMTC.

Un projet finalisé mais abandonné


Tout était prêt : le financement, les études, il ne restait qu'à signer la déclaration préalable pour que les travaux puissent commencer. La commission d'enquête publique avait donné un avis favorable en Mai 2015 mais la décision finale revenait à Toulouse Métropole.
Depuis longtemps Jean Luc Moudenc avait fait savoir qu'il n'y était pas favorable, le président de la communauté urbaine préférait créer une troisième ligne de métro.
Baptisée "Toulouse Aérospace Express" (TAE) cette nouvelle ligne doit relier Colomiers au sud-est toulousain en passant par la Gare Matabiau à l'horizon 2024 pour un coût estimé entre 1,5 et 1,7 milliard d'euros. 

 

Des négociations jusqu'au bout

Jusqu'au bout des négociations ont été menées entre le maire de toulouse et le président du Sicoval (le syndicat intercommunal qui représente 36 communes de l'Est toulousain). Le Sicoval qui devait apporter 141 millions d'euros pour ce projet a fait plusieurs propositions pour tenter de le sauver, en vain. Il a même proposé d'aider financièrement à la création de la troisième ligne de métro en apportant 1,2 milions d'euros de participation au fonctionnement chaque année. L'une des dernières propositions était d'abandonner le prolongement de la ligne B et de créer la troisième ligne de métro en ajoutant une jonction à Ramonville (sur la ligne B).

 

Les élus socialistes dénoncent une décision unilatérale


Dans un communiqué, les élus socialistes de Toulouse Métropole dénoncent le choix de Jean Luc Moudenc en évoquant "une décision unilatérale" qui risque de pénaliser les citoyens.

Ce projet avait pour objectif d’offrir une solution alternative performante pour relier les territoires du sud-est et le cœur de notre Métropole. Il devait permettre d'irriguer des pôles d’activités de premier ordre situés sur la communauté d’agglomération du Sicoval qui constituent un bassin d'emplois majeur de notre Département.








Explique Claude Raynal, Président du groupe socialiste Toulouse Métropole.

 « Cet abandon, si il était confirmé, marquerait un coup d’arrêt à un projet indispensable au développement de notre agglomération et de notre Département. 






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