Les médecins généralistes en grève dès le 3 octobre et en manifestation à Toulouse lundi

Les médecins généralistes libéraux s'opposent à la loi de santé Touraine, toujours en lecture au Sénat. La coordination des médecins libres et indépendants (Coomeli) appellent à la grève dès demain samedi 3 octobre et vont manifester lundi prochain.

Les cabinets devraient être fermés entre Noël et le Nouvel An.
Les cabinets devraient être fermés entre Noël et le Nouvel An. © MaxPPP
La loi de santé Touraine, toujours en lecture au Sénat, est loin de faire l'unanimité. Elle se heurte à une vive opposition des médecins généralistes. À Toulouse, la Coomeli (coordination des médecins libres et indépendants) appelle à la fermeture des cabinets médicaux du samedi 3 au mardi 6 octobre, jour de vote solennel au Sénat. Dans le quartier des Minimes, 60 % des cabinets de médecin seront fermés.

Lundi 5 octobre, ils manifesteront et bloqueront l'agence régionale de santé (ARS). Une centaine de médecins viennent des Hautes-Pyrénées, d'autres des Pyrénées-Atlantique, de Gironde, d'Ariège et d'Aveyron.

Les membres de Coomeli contestent la loi Touraine depuis plusieurs mois, estiment n'avoir pas été entendus par les pouvoirs publics.

Quels sont les points de désaccord ?

Adoptée par 35 députés seulement, la généralisation du tiers payant à tous d'ici 2017 ne satisfait par les médecins libéraux. Cette mesure est déjà en place à l’hôpital, dans les laboratoires de biologie, chez beaucoup de radiologues en ville et dans les pharmacies. Mais avec cette loi, lors d’une visite médicale, les patients n’auront plus à payer avant de se faire rembourser. Ses opposants dénoncent le contrôle et la surveillance de l'ARS et des complémentaires, qui paieront directement les médecins. 

Aussi adoptée par 35 députés seulement, cette mesure rendra possible le partage de l'ensemble du dossier médical des patients. Concrètement, tous les professionnels et les mutuelles auront accès à l'historique médical du patient, qui y aura aussi accès. Les opposants à cette mesure dénonce un profilage médical du patient. Ils craignent les mutuelles, qui pourront revoir leurs contrats au regard de ces éléments de santé selon eux. C'est aussi la remise en question d'un principe fondamental de la médecine : le secret médical.

Avec la loi de santé, c’est l’Etat qui décidera du médecin généraliste du patient. Ce dernier l'orientera vers d'autres praticiens spécialisés (chirurgien, dermatologue, etc.). Des indications qu'il faudra obligatoirement suivre, sous peine de n'être pas remboursé. Et en cas d'opération, la sécurité sociale décidera de la prothèse. 

En version pdf, à afficher en salles d'attente, à diffuser !! SOIGNANTS, PATIENTS, LEVONS-NOUS, Après il sera trop tard !!!

Posted by CooMéLI 31 on dimanche 27 septembre 2015


Où en est la loi santé dans la navette parlementaire ?
Adoptée par l'Assemblée nationale le 14 avril dernier (311 voix pour et 241 contre), elle est actuellement examinée au Sénat. 

Le vote solennel aura lieu dans quelques jours, le mardi 6 octobre. Le texte retournera certainement à l'Assemblée nationale dans quelques semaines, car le désaccord persiste et la commission mixte paritaire va probablement échouer. En effet, les sénateurs de droite et du centre, majoritaires au Sénat, veulent réécrire le projet de loi. Donc la loi est encore loin d'être appliquée.
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